Un autre regard #4 : L’unicité de la vie dans une granule

01 Déc Un autre regard #4 : L’unicité de la vie dans une granule

Dans le précédent article, je vous partageais les chocs épistémologiques que je vécus lors de mes deux premières rencontres avec l’homéopathie. Choc de découvrir à quel point psychologie et physiologie étaient intimement liées, chaque pôle étant le reflet l’un de l’autre dans un niveau de manifestation différent… Choc de découvrir aussi à quel point tous les organes étaient interreliés dans une unicité corporelle à la fois simple et complexe, mais jamais compliquée.

Devant l’efficacité fulgurante du traitement dont je bénéficiai (la guérison dans un délai de moins de deux mois d’une sinusite chronique qui m’accablait depuis huit ans), ma curiosité scientifique me poussa à explorer les fondements de cette médecine pour le moins atypique et à en comprendre les mécanismes de fonctionnement. Car, comme beaucoup de personnes, j’étais convaincu que l’homéopathie n’était qu’un placebo capable de guérir les affections légères et sans gravité. Vingt-sept années plus tard, la conception que j’ai de cette approche est nettement plus précise et cohérente qu’elle ne l’était à l’époque. En voici la synthèse que j’en fais actuellement…

LE SENS DU SYMPTÔME

Étymologiquement, symptôme vient des mots grecs « sun » – qui signifie « avec, ensemble » – et « pipto » – qui signifie « tomber, arriver ». Un symptôme est donc « quelque chose qui arrive avec… » Nous avons donc une première indication : le symptôme n’arrive pas seul. Il n’est pas isolé, indépendant du reste. Autrement dit, ce n’est pas la fatalité qui crée le symptôme, mais bien un état particulier de l’organisme. Comme je le faisais remarquer dans le premier numéro de Néosanté, les symptômes peuvent être comparés à des poubelles que le corps tente d’évacuer pour retrouver son équilibre perdu. C’est donc l’effort que fait le corps pour se rééquilibrer.

En y réfléchissant bien, nous pouvons élargir cette définition aux sphères psychologique et spirituelle. Quand un être habituellement doux se met en colère, par exemple, il passe d’une attitude où ses besoins étaient rarement respectés à un comportement où il prend enfin soin de ceux-ci ! En ce sens, le symptôme de la colère signale un processus de rééquilibrage psycho-émotionnel, alors que notre société le jugera négativement. De même, dans la sphère spirituelle, on pourrait aisément démontrer que certains états mélancoliques ou dépressifs sont des processus nous ramenant à l’essentiel, après une période où le matérialisme nous a éloigné de ce qui constitue l’essence de notre vie et de notre existence. Mais ici aussi, notre culture considérera ces états sombres comme négatifs, alors qu’il conviendrait de se réjouir de cette manifestation.

TROIS NIVEAUX DE SYMPTÔMES AU SERVICE DE L’UNITÉ DE L’INDIVIDU

Pour l’homéopathie, donc, les symptômes constituent le processus par lequel l’individu tente de retrouver son équilibre sur ses trois plans de manifestation : physique, psychologique et spirituel. Mais ça va plus loin. Selon cette médecine, l’individu est UN. Ce qui veut dire que s’il vit un déséquilibre, ce dernier va s’installer sur les trois plans. Et c’est ce que nous vérifions tous depuis des années. Quand une situation nous stresse, nos émotions sont bloquées, nos intestins se constipent et nous perdons de vue le sens de notre vie. Lorsque nous retournons vers l’équilibre, tout se débloque et les symptômes apparaissent simultanément sur tous ces plans : c’est là qu’apparaît ce qu’on nomme classiquement « la maladie ».

LA MISSION DE L’HOMÉOPATHE : TROUVER LE REMÈDE UNIQUE

Bien entendu, c’est souvent lorsque la maladie apparaît qu’intervient l’homéopathe… Mais contrairement à ce que la médecine classique vise, le disciple d’Hahnemann ne cherchera pas à supprimer au plus vite les symptômes, qu’ils soient physiques, psychologiques ou spirituels. Car jamais il ne perd de vue qu’il est en présence d’un individu qui a entrepris de sortir ses poubelles pour retrouver son équilibre. Par conséquent, empêcher la sortie des poubelles reviendrait à maintenir l’individu en état de déséquilibre… Par ailleurs, il est aisé de comprendre que si la maladie de son client a tendance à se prolonger, c’est que ce dernier n’a peut-être pas assez d’énergie ou pas assez d’informations pour accomplir le nettoyage jusqu’au bout. Un peu comme si la vitesse à laquelle il sortait ses poubelles était égale ou inférieure à la vitesse à laquelle il en génère de nouvelles.

Quel sera le but de l’homéopathe ? Très logiquement, donner un coup de main à son client pour que celui-ci sorte davantage de poubelles et/ou plus rapidement. Comment ? En identifiant consciencieusement les symptômes de son client sur tous les plans, puis en recherchant LE remède qui provoquerait, chez un individu sain, le MÊME ensemble de symptômes. Pour prendre une image, si le client sort des petites poubelles oranges avec une ligature verte, l’homéopathe devra trouver dans sa matière médicale un remède qui provoque, chez un individu sain, l’évacuation des mêmes petites poubelles oranges avec une ligature verte. En faisant cela, l’individu recevra l’aide salutaire qui lui manquait pour poursuivre la même voie de guérison, mais plus intensément et plus rapidement.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette approche médicale s’appelle l’homéopathie. Littéralement, elle signifie « souffrance semblable », car l’action du remède facilitera l’apparition de la même pathologie que celle dont souffre déjà l’individu. Non pas par sadisme, mais par compréhension profonde du sens des symptômes. Pour le dire très simplement, si le corps a jugé bon de sortir tels symptômes, le remède l’aidera à poursuivre son chemin dans la même direction.

Mais attention, la compréhension de ces principes plaide contre toute automédication. Non seulement parce qu’il est trop complexe de trouver le bon remède, mais surtout, parce que la prise d’un remède peut engendrer des symptômes indésirables chez la personne qui le prend (c’est ce qu’on appelle la pathogénésie).

LES CONDITIONS DE SUCCÈS DE L’HOMÉOPATHIE

Il m’a fallu des années pour comprendre vraiment le fonctionnement et la logique de l’homéopathie, tant cette conception négative des symptômes de maladie est ancrée dans notre culture. Malheureusement, beaucoup de personnes faisant appel à l’homéopathie ignorent les conditions qui rendent cette médecine efficace. En voici les principales :

  • La personne malade doit fournir les observations les plus précises à l’homéopathe qu’elle consulte, sans quoi elle mettrait le praticien sur des fausses pistes en mentionnant de faux symptômes ;
  • L’homéopathe sera d’autant plus efficace qu’il aura une culture générale homéopathique très étendue et une longue expérience pour traiter et filtrer intuitivement les informations (vraies et fausses) fournies par son patient afin d’identifier LE remède unique qui se rapproche le plus de sa symptomatologie générale.
  • La personne qui prend le remède doit être préparée à l’idée que, dans les premières heures de traitement, elle vivra probablement une aggravation symptomatique – signe que le remède approprié a bien été identifié. Sans cette conscience et cette préparation, elle risque de se décourager, ne comprenant pas que le remède l’a aidée à sortir ses poubelles plus rapidement et plus efficacement.

À VOUS DE JOUER, À PRÉSENT…

En pratique, ce mois-ci, je vous encourage à développer deux attitudes constantes. D’abord, continuez à vous observer, à vous écouter, à ressentir ce qui se passe dans votre corps. Ensuite, apprenez à changer votre regard sur vos symptômes, en vous rappelant que ce sont, la plupart du temps, vos poubelles que vous sortez ! Bon entraînement et au mois prochain.

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6 Commentaires
  • Patricia Bielmann
    Publié le 10:36h, 28 avril Répondre

    Bonjour,

    Votre article sur l’homéopathie m’a beaucoup intéressée d’autant plus que je l’ai utilsiée pour mes enfants. et que cela a été concluant.
    Ma quesion est la suivante:
    Comment peut-on expliquer l’efficacité de l’homéopathie à une personne qui croit fermement que c’est de la foutaise (il dit que la substance est tellement diluée qu’elle n’a plus rien) et que c’est que du commerce et que
    si cela à réussi chez mes enfants c’est parce que moi-même j’y croyais.
    Merci pour tous vos textes et vos vidéos qui me permettent d’avancer en conscience.

  • Eric
    Publié le 03:24h, 26 février Répondre

    Bonjour Jean Jacques

    L’homéopathie est une vielle copine et merci de la présenter ainsi. C’est simple, clair et assimilable.

    Paix et affection

    Eric

  • Christiane
    Publié le 23:16h, 03 juin Répondre

    Je n’en reviens pas de voir comment je dois percevoir mes symptômes? Tout est dans la manière
    de vivre ce qui nous arrive qui nous permet de se guérir ou d’aggraver notre situation sur le
    plan de la santé. Ce sont des pistes que je soupçonnais sans vraiment en être certaine car, la
    médecine traditionnelle ne nous parle jamais de cette manière.

    Je suis tellement heureuse de tout ce que je constate à partir de ces articles et en plus de
    se sentir responsable, nous sortons de ce carcan de victime qui avance à rien et ne fait qu’aggra-
    ver nos symptômes.

    Je vous lis avec énormément d’intérêts. Merci!

  • Françoise
    Publié le 02:11h, 06 mai Répondre

    Cher Jean-Jacques
    Je commence aujourd’hui ma journée en lisant des mails que je n’avais eu le temps de lire mais que je m’étais gardés précieusement pour pouvoir les savourer à leur juste valeur. Dont le tien…
    J’avais lu qq uns de tes articles, et là, ce matin, je me suis dit que j’allais les lire dans l’ordre pour n’en rater aucun : le 1 puis le 2 puis le 3 …
    Et là je comprends -mais ce qui s’appelle COMPRENDRE- tout ce qui m’arrive en ce moment : les kystes qui me sortent partout, les douleurs, le surpoids, les sinusites, les brûlures d’estomac, les insomnies, l’eczéma, les verrues …. Ainsi donc, je ne fais que « sortir mes poubelles » (éducation de soumission, colères ne trouvant pas le moyen de s’exprimer, épuisement professionnel…) ? C’est tellement vrai tout ça, tellement clair et logique pour peu qu’on y réfléchisse seulement, que j’ai ouvert tout grand les vannes de larmes rentrées depuis trop longtemps et je me suis mise à pleurer, pleurer, pleurer … de soulagement.
    Depuis environ 2 ans, après avoir rencontré un médecin vraiment différent pratiquant la médecine énergétique, j’ai amorcé de grands changements dans ma vie dont celui de changer de métier. Dans 4 mois ce sera chose faite : je vais quitter définitivement cette situation qui m’empoisonne. Rien d’extraordinaire ? Si quand même : il faut avoir le courage de le faire, à 56 ans, dans un contexte de chômage croissant et alors qu’on est cadre supérieur dans la « sécurité » de la Fonction Publique. Beaucoup de gens me prennent pour une folle et me mettent en garde sur le risque couru. Ils ne peuvent pas comprendre. Je ne fais que me préserver d’un risque bien plus grand qu’un potentiel chômage : je préserve mon capital santé et je reprends ma vie, ma VRAIE vie, en mains.
    Alors merci finalement à mon corps pour tous ces symptômes qui me confirment que j’avais non seulement quelques poubelles à vider mais des tombereaux d’immondices qui ne demandaient qu’à être évacués.
    Une belle journée s’annonce pour moi. Je t’en souhaite tout autant et te dis un grand merci.

  • Denis Larrivée
    Publié le 20:17h, 01 avril Répondre

    Je suis un adepte de l’homéopathie depuis maintenant plus de 25 ans. Avec les cours de premiers soins en homéopathie que j’ai suivie au tout début, je peux assez bien me débrouiller pour me soigner et aider mes proches ! Il y a presque 5 ans le 26 août j’ai subi un ACV qui m’a paralysé du côté droit ! Je m’en remets tranquillement, je peux marcher avec un quadripode et délaisser ma chaise roullante pendant quelques heures ! C’est quand même bien car j’ai recommencé à conduire mon auto il y a 2 ans !
    L’homéopathie m’a aidé à enlever les médicaments suite à cette réhabilitation. Je ne prends une pilule par jour le matin pour la pression ! J’ai retrouvé la parole, ma mémoire, et presque tout le reste. Tes vidéos gratuites m’aident beaucoup à progresser. Merci pour tes enseignements et longue vie à l’homéopathie !

  • Jacques
    Publié le 15:06h, 08 décembre Répondre

    Bonjour Jean-Jacques,
     
    Merci beaucoup pour tes chroniques.
    Bravo pour ce que tu fais. Ainsi tu penses au bien être collectif et cela est à mon avis quelques chose de très noble qu’il faut souligner.
     
    Longue vie à ce journal.
    Cordialement,
     
    Jacques Labrecque
    Chimiste et Biochimiste à mes heures

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