Un autre regard #3 : L’homéopathie – un bouleversement épistémologique

01 Nov Un autre regard #3 : L’homéopathie – un bouleversement épistémologique

Entre l’âge de quinze et vingt-trois ans, j’ai souffert d’une sinusite chronique qui m’accablait huit mois par an, depuis début octobre jusque fin mai. Plusieurs oto-rhino-laryngologues de renom avaient tenté de soulager mes souffrances par divers moyens : inhalations, cautérisation des sinus à plusieurs reprises, sprays nasaux décongestionnants, anti-douleurs. En vain.

Chaque début d’automne marquait le retour d’une maladie pénible et handicapante. Et cela m’apparaissait d’autant plus comme une fatalité que je n’avais aucune prise sur elle.

Cette impuissance me fut confirmée par Brigitte, une jeune femme médecin de Namur qui me déclara en novembre 1983 : « Votre sinusite est chronique. Dans notre langage médical, nous pourrions dire que c’est fonctionnel. En clair, ça veut dire que votre corps ne fonctionne pas bien, et que nous ne savons pas pourquoi… Si je n’avais pas conscience des limites de la médecine, je vous dirais qu’il n’y a rien à faire pour vous. La seule nuance que je voudrais apporter, c’est de vous dire : “ Dans l’état actuel de nos connaissances et de notre vision de la maladie, la médecine hospitalière ne peut rien faire pour vous. Ce qui ne veut pas dire que d’autres approches médicales ne pourraient pas vous aider…” Allez peut-être consulter un homéopathe. On ne sait jamais. »

J’avais vingt-deux ans à l’époque. Pour la première fois de ma vie, je rencontrais sur mon chemin médical l’humilité d’une personne capable de relativiser sa science et sa pratique. Par cette attitude hautement lucide, elle venait de m’ouvrir la porte de l’indéterminé, de l’incertain, de l’imprévisible et du complexe en matière de santé. Cette porte ne s’est jamais refermée en moi. Elle m’a permis d’explorer de multiples sentiers de santé avec une fécondité que je n’aurais jamais imaginée.

Août 1984. Je me trouve face à André, homéopathe bruxellois dont on m’avait dit qu’il avait été guéri d’un cancer par l’homéopathie. Comme c’est l’été, la sinusite a disparu à un point tel que j’en ai oublié que c’est elle qui m’a conduit à explorer cette médecine dite « parallèle ». Et quand le médecin me demande pourquoi je suis venu le consulter, je lui réponds candidement : « Pour faire une expérience. Mais je ne souffre d’aucune maladie (!) ». Je me trouve en plein déni, mais pas pour longtemps. J’ignore que dans les minutes qui vont suivre, je vais vivre une série de chocs que je qualifierais aujourd’hui d’épistémologiques…

PREMIER CHOC : je découvre mon incompétence à observer et à écouter mon corps. « Quels sont les moments de la journée où vous êtes le plus fatigué ? Les extrémités de vos membres sont-elles chaudes ou froides ? Quelle est la couleur, la consistance et l’odeur de vos selles ? Et de vos urines ? L’odeur de votre haleine ? » Je ne suis capable de répondre à aucune de ses questions. Et c’est là que je me rends compte que la médecine classique, en me prenant en charge, m’a déresponsabilisé et m’a rendu incompétent dans la gestion de mon capital-santé ! Sans m’en rendre compte, le paradigme de la médecine dominante avait fait de moi un consommateur de soins médicaux, un patient (au sens étymologique, celui qui subit). Face à l’homéopathe, j’acquérais pour la première fois le statut d’observateur, d’acteur et de partenaire ! Toute une différence !

DEUXIÈME CHOC : ma physiologie serait liée à ma psychologie. Face à l’indigence de mes réponses, mon interlocuteur aborde ma réalité sous un autre angle… « Puisque vous ne semblez souffrir d’aucune maladie particulière, me dit-il, parlez-moi de vos comportements et de votre psychologie… Comment vous décririez-vous dans vos relations aux autres ? » Bien entendu, je deviens tout à coup beaucoup plus loquace et compétent pour répondre à ses questions. Quelle n’est pas ma surprise lorsque, après dix minutes, il m’interrompt sèchement pour déclarer : « Avec une telle personnalité, vous devez nécessairement souffrir soit de faiblesse hépatique, soit de sinusite, soit d’hémorroïdes… Et je ne serais pas étonné si vous aviez, en plus, des verrues plantaires. » Je suis abasourdi. Car à part les hémorroïdes, les trois autres pathologies me correspondent parfaitement. Mais ce qui me bouleverse le plus, c’est que, brutalement, je pressens qu’un lien existe entre mes pathologies physiques et mes caractéristiques psychologiques ! L’approche psychosomatique est passée, en quelques minutes, du statut de concept hypothétique à celui d’une réalité tangible et indéniable…

TROISIÈME CHOC :  mon corps formerait une unité indissociable et tous mes organes seraient interreliés. C’est là que je m’exclame : « C’est vrai, j’avais oublié qu’à l’origine de ma démarche vers vous, je voulais guérir de ma sinusite chronique ! Mais comme nous sommes en été, je l’avais complètement oubliée. Étant jeune, je faisais souvent des crises de foie et j’ai actuellement quatre verrues plantaires… » Nullement étonné par mon soudain recouvrement de mémoire, André enchaîne en m’expliquant que le foie est un émonctoire primaire, autrement dit une des portes principales que le corps utilise pour évacuer ses toxines. Lorsque les émonctoires primaires sont engorgés pour diverses raisons (faiblesse générale, nourriture trop riche, intoxication majeure, manque de fluidité corporelle), le corps cherche, malgré tout, à évacuer ses toxines par des émonctoires secondaires. « Chaque fois que votre foie n’est plus capable de traiter et d’évacuer toutes les toxines, il faut bien que l’excédent de toxines sorte par une autre voie ; dans votre cas, ce sont vos sinus, m’apprend-il. Je vais donc vous donner un traitement de fond pour soulager votre foie, et vous ne devriez plus souffrir de sinusite… » C’est ce jour-là que j’ai compris qu’aucun oto-rhino-laryngologue n’aurait pu diagnostiquer l’origine de ma maladie. Forcément, il n’a été formé que pour étudier les voies respiratoires supérieures, pas le foie, domaine réservé aux hépatologues !

QUATRIÈME CHOC : je peux participer à mon processus de guérison. Lorsque je revois mon homéopathe, fin septembre, pour une seconde visite, une phrase va me marquer à tout jamais. « Si vous ne changez rien à vos habitudes de vie sur le plan alimentaire, sur le plan émotionnel, sur le plan relationnel, si vous ne travaillez pas à vous assouplir physiquement et mentalement, vous retomberez malade. Je vous ai aidé. À vous de prendre le relais, à présent, pour garder cet équilibre retrouvé… » Je ne l’ai plus jamais revu. Car cet hiver-là, et tous les autres hivers, la sinusite n’est plus jamais venu m’accabler. Néanmoins, ce n’est pas la disparition de ma maladie qui fut le cadeau le plus précieux, mais le fait que quelqu’un m’ait rendu responsable de mon équilibre. En ce sens, la maladie n’était plus une fatalité. Et la santé devenait le résultat naturel d’une responsabilité prise quotidiennement. Pour moi, ce fut la révolution majeure qui a inspiré des dizaines d’autres explorations que je vous partagerai au fil des mois dans cette rubrique.

À VOUS DE JOUER, À PRÉSENT !

Le mois prochain, je continuerai de vous partager les découvertes que j’ai faites, grâce à l’homéopathie. En attendant, je vous invite à prendre davantage la responsabilité de votre santé. Comment ? En commençant par le commencement. Apprenez à observer les indicateurs naturels de votre corps, et mettez-les en corrélation journalière avec votre condition physique et vos états émotionnels. Car c’est en apprenant à réécouter votre corps que vous pourrez contribuer à le maintenir en équilibre. Bon entraînement et au mois prochain !

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8 Commentaires
  • heisch
    Publié le 01:03h, 14 mai Répondre

    Merci jean jaque de reformuler le trace de ce qui t a amene a creer l academie en mouvement
    je sis caroline et on s est deja parle
    je transmute beaucoup mes emotions et je fluidifie celles ci
    ton medecin homéopathe semblait drolement claivoyant
    est ce que c est lui qui t’a initie au lavement de cafe ?
    en tout cas moi j applique tout ce que tu nous enseignes et je me rend compte que je gagne en autonomie et confiance en moi
    de plus j en parle beaucoup autours se moi
    je me remd compte que les gens semblemt affames de savoir ce qui se passe en eux
    que j aille a la poste a lepicerie que je discute avec quelqun le sujet mis a fhaque fois surle tapis cest corps emotions besoin ancrage emonctoires
    j ai une amie recemment qui m a dit avoir perdu le sommeil
    je lui ai suggéré de transmuter des emotions passees , de fsire des lavements de se donner la permission de dormir de prendre du millepertuis
    j ai également change ma facon de repondre a un homme qui me veut juste pour faire l amour avec moi comme si j’étais sa chose
    mon education a ete tres basée sur la domestication et je dois reformuler mes besoins de respect de calme de reconnaissance et mes désirs et souhaits associes en permanence
    je me rend compte que le fait de faire cela me permet justement d acquérir de plus en plus le respect de l’autre
    je dois faire face a mes peurs de m exprimer d oser poser mes limites
    et voila
    j apprend a etre en seule sans plus trop me sentir seule
    mon passport de savoir exprimer formuler mes besoims est genial
    j ai repousse et mis a distance la pkupart des situations desagreables qui me bouffaient et trouver des solutions plutot que de me semtir une victime qui peut rien faire et j6ste subir
    bises

  • Christiane
    Publié le 22:53h, 03 juin Répondre

    Je savais que nous avions une responsabilité face à notre santé mais pas à ce point-là.
    Je suis très heureuse de constater que j’ai un très grand pouvoir sur ma santé. Cet
    article m’a complètement remonté le moral face à ma santé que je prends soin très
    particulièrement et assidûment à raison de plusieurs rendez-vous par mois.

    Merci encore de m’aider au-delà de ma espérance à chaque articles que je lis. Malheu-
    reusement, je n’ai pas de référence à vous donner car je ne connais pas vraiment
    d’auteur à ce sujet. Cependant, si j’en trouve, je vous les communiquerai.

  • caroline
    Publié le 08:42h, 01 mai Répondre

    bonour je viens de lire l’article seulement maintenant . je veins de découvrir une approche sur le corps interressante manger cru . la personne donne beaucoup d’info sur le fonctionnement du corps . espérant que cela vous aidera et aidera votre ami.

  • Jeanne Gérin
    Publié le 03:37h, 09 août Répondre

    Merci pour vos lettres qui aident à réfléchir sur pas mal de choses. Je me soigne presque toujours avec l’homéopathie car je suis hypochondriaque et supporte très mal les médicaments classiques pour les effets secondaires.Mais l’homéopathie, comme vous le dites, n’est pas toujours évidente à comprendre.Pour moi,
    c’est souvent psychosomatique. Récemment, j’ ai lu un de vos livres: relations et jeux de pouvoir. Pas facile à lire mais très intéressant à l’heure actuelle. Ce livre m’a beaucoup aidé , j’essaie de le mettre en pratique aussi souvent que possible car les situations ne manquent pas.
    Car il est vrai que l’homéopathie est un coup de pouce mais qu’il faut faire un travail sur soi pour changer les choses et ne pas retomber malade. Et c’est cela qui est le plus difficile.
    Merci de nous aider.

  • Barsotti
    Publié le 22:04h, 10 juin Répondre

    Bonjour Jean Jacques…une petite insomnie cette nuit! Chouette , le temps d’aller en détail sur votre news letter et lire tous les textes un par un que je n ‘ai d’habitude pas le temps de lire!!!Je voudrais d’abord vous remercier pour ce travail d’éveil que vous faites dont la planète a bien besoin!
    Pour aider à vider les « émonctoires psychologiques » j ‘ai découvert il y a maintenant une dizaine d’années le travail du Dr Laskow « guérir par l’Amour » qui combine travail énergétique en reconnectant la personne avec la Source et l’illusion de la séparation par un champ énergétique puissant et une modification de conscience dans laquelle on va guider la personne dans une espèce de rêve éveillé pour qu’elle aille chercher la source de la maladie , la reconnaitre,entrer en résonance,reconstruire,et remplacer la croyance par une croyance actuelle plus adéquate … c ‘est un travail formidable, lumineux qui a changé ma vie et celle de beaucoup d’autres, que j ‘enseigne et je partage maintenant avec toujours plus d’enthousiasme!belle continuation à vous pour votre école en ligne!

  • simone
    Publié le 14:12h, 04 février Répondre

    superbe témoignage, Merci de ce travail intérieur de cette franchise et authenticité. Maintenant vous cheminez ouvert aux possible c’est vraiment super ! je ne peux que vous encourager ! merci de ce beau témoignage.

  • Christine Callighan
    Publié le 20:43h, 25 décembre Répondre

    Quand vous tombez gravement à l’hôpital , les médecins vous soignent mais quand il n’y à plus d’espoir pour ce malade, la médecine n’ a pas recours à l’homéopathie. J’ai une amie qui vient de faire une embolie pulmonaire et en même temps ils ont découvert un cancer des ovaires qui est répandu. Les médecins après trois semaines ont diagnostiqué qu’il n’y avait plus rien à faire avec elle . Ses chances de survie sont de 15 pour cent actuellement . Es-ce qu’il y a autres choses qui pourrait l’aider? Es-ce une personne comme un homéopathe pourrait aider mon amie qui a une urgence de récupération de son corps !!!! Je lis beaucoup sur le cancer et tout ce qui peut aider mais son cas est un peu extrême pour le moment. Elle vient d’avoir une transfusion de sang aujourd’hui … Joyeux Noël et passez de bonnes vacances !

    • Marie-Luce Payot
      Publié le 12:27h, 05 février Répondre

      Bonjour Christine,

      J’espère que les nouvelles de votre amie ne sont pas trop mauvaises…

      Avez-vous essayé les praticiens de Reiki ou de Reconnection? ce sont des thérapies énergétiques qui complémentent spectaculairement les traitements « classiques ». Le Reiki peut se faire à distance.

      Je lui souhaite de tout coeur de guérir, et vous, restez positive, cela compte énormément!
      Cordialement

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