Jeux de pouvoir #1 : Pourquoi nos relations se dégradent-elles ?

07 Jan Jeux de pouvoir #1 : Pourquoi nos relations se dégradent-elles ?

Beaucoup de relations se dégradent. C’est un fait. Il est tellement courant que c’en est devenu banal… Et pourtant. Pourquoi tant de relations fondées, au départ, sur de « bonnes intentions » finissent-elles par se dégrader en conflits, tensions, frustrations, séparations, ruptures, licenciements ? Par quel mécanisme insidieux et invisible nos relations s’abîment-elles ? Est-il possible, malgré tout, de reconstruire nos relations ? Ce sont les trois questions auxquelles tentera de répondre cet article…

Pour répondre à cette première question, il est nécessaire de remonter au fondement même de la plupart de nos comportements. Autrement dit, d’où vient le fait que nous agissions comme nous le faisons ? La réponse tient en un mot : de la peur. En effet, le moment de notre naissance nous a plongés dans un traumatisme qui, depuis lors, nous hante et nous conditionne…

La naissance est loin d’être l’événement heureux que l’on imagine avec un certain romantisme, de notre point de vue d’adultes. L’être qui s’incarne quitte un monde chaud, protecteur, relativement constant (en température, en nourriture, en niveau sonore, en lumière) pour être projeté dans un univers inconnu, agressant, en permanent changement. Il perd la fusion avec la mère et se retrouve dans un espace beaucoup plus vaste, où il se sent seul, la plupart du temps. Ce passage du monde intra-utérin vers l’au-delà (le monde des êtres incarnés) est vécue comme une perte, c’est-à-dire comme une mort. Et cet événement est associé à de la souffrance, à de la douleur… Ainsi, nous avons inscrit au plus profond de nos cellules l’équation suivante :

naître = passer dans l’au-delà = mourir = perdre (la fusion) = changer = souffrir

Depuis ce moment initial, nous avons tout mis en œuvre pour ne plus revivre cette souffrance. Nous avons donc mis en place une multitude de stratégies inconscientes pour éviter la souffrance provoquée par le changement, lui-même synonyme de perte et de mort… L’intention inconsciente de la plupart de nos comportements n’est pas d’atteindre nos objectifs, de construire la relation, de respecter l’autre ou de nous faire respecter… L’intention permanente, prioritaire de nos comportements est d’éviter les conflits pour ne pas perdre la relation ; elle est d’éviter de se remettre en question pour ne pas perdre l’image que nous donnons de nous-mêmes ; elle est de tout faire pour ne pas perdre le contrôle sur les événements. La peur de perdre ou de mourir domine la plupart de nos comportements, mais nous n’en sommes pas conscients… Nous avons encore l’illusion d’être libres, l’illusion de pouvoir choisir en conscience nos actes, l’illusion que la peur nous est étrangère… Alors que depuis longtemps, la peur du changement, de la mort et de la perte est aux commandes de notre existence…

COMMENT NOS RELATIONS SE DÉGRADENT-ELLES EN JEUX DE POUVOIR ?

Comment cette angoisse fondamentale se manifeste-t-elle dans nos comportements ? Et quelles conséquences a-t-elle sur nos relations ? Autant le dire tout de suite : les conséquences sont innombrables. Ce sont elles qui définissent ce que l’on pourrait appeler la condition humaine, avec tout son chapelet de névroses, de maladies, de misère et de guerres… Dans le domaine des relations interpersonnelles, retenons quatre conséquences principales.

1. La distorsion entre le message explicite et le message implicite

Par peur du conflit et de la rupture, nous n’allons dire ni ce que nous pensons, ni ce que nous ressentons, ni ce que nous voulons, ni ce que nous ne voulons pas. Si vous entendez : « Il y a, dans vos tableaux, une recherche certaine qui m’échappe peut-être un peu, mais que je trouve tout à fait intéressante » (ceci est le message exprimé, explicite), comprenez que votre interlocuteur n’apprécie pas du tout votre œuvre (message sous-entendu, implicite)…
Parfois, cette distorsion est beaucoup plus subtile. Une phrase comme « Je trouve cela inacceptable » cache très souvent des sentiments non exprimés : « Je suis très fâché »… Ou encore des énoncés du type : « J’ai un gros problème, je ne sais pas quoi faire avec mes enfants ce soir » sous-entendent tellement bien un « Veux-tu garder mes enfants ce soir ? » que nous ne sommes même plus conscients de cette distorsion. Il est vrai que c’est le message non-dit qui est souvent le plus fortement perçu par l’interlocuteur…
L’avantage d’une telle distorsion ? Dans tous les cas, je ne suis pas confronté à la réalité… En effet, si mon message passe et est correctement interprété par mon interlocuteur, la réponse favorable obtenue ne résulte pas de mon initiative (je n’ai effectivement rien dit de tel ou rien demandé), mais bien de la sienne… Si mon message ne passe pas, si je n’obtiens pas satisfaction, je pourrai toujours prétendre que je n’attendais rien… Nous retrouvons donc bien cette angoisse d’être confronté à la perte (de la relation ou de l’image de soi)…

2. La non prise de responsabilité de sa propre réalité

Une deuxième conséquence de l’angoisse liée au changement et à la perte se manifeste dans le fait que, très rarement, nous prenons réellement la responsabilité de notre réalité dans notre façon d’agir ou de parler… Nous préférons souvent dire : « Il faudrait penser à sortir les poubelles ce soir » ou encore « On devrait faire ceci »… plutôt que dire : « Je te demande de sortir les poubelles ou de faire ceci… ». Plus caractéristique encore, les phrases du type : « Tu n’as pas envie d’aller au cinéma ce soir ? » plutôt que « J’ai envie d’aller au cinéma. M’accompagnes-tu ? ».
Quand nous sommes pris en défaut, nous prenons rarement la responsabilité de nos actes en nous justifiant, en niant les faits, en les atténuant, en les relativisant. En cas de problème relationnel, notre première tendance est de souvent rejeter la responsabilité sur l’autre, sur un tiers absent. Quand nous devons exprimer notre mécontentement à quelqu’un, combien de fois n’utilisons-nous pas l’avis ou le malaise des autres pour justifier notre intervention…
L’avantage inconscient de cette non prise de responsabilité ? Encore une fois, je ne suis pas confronté ni à la réalité de l’autre, ni à la mienne. En jouant en permanence à cache-cache avec l’autre, en atténuant mon discours, en dissimulant ce que je ressens vraiment, en étant aux abonnés absents de la relation, j’ai l’illusion d’échapper au risque de perdre la relation, donc de mourir symboliquement.

3. L’exercice de pressions psychologiques sur l’autre

Par peur de perdre quelque chose dans la relation (le contrôle, l’amour, la reconnaissance, l’image de moi, etc.), nous exerçons sans le vouloir des pressions sur nos interlocuteurs pour être sûrs d’obtenir ce que nous voulons.
C’est ainsi que nous recourons fréquemment au chantage affectif, à la culpabilisation, aux reproches. Nous mettons également l’autre devant le fait accompli, nous lui faisons sentir que nous ne sommes pas prêts à recevoir une autre réponse qu’une réponse favorable. Nous jouons des scénarios de victimes ou d’incapables pour obliger les autres à nous prendre en charge. Nous jouons aux dames patronnesses ou aux boy-scouts en imposant nos services, nos coups de main, même à ceux qui n’en veulent pas. Tout cela toujours par peur de perdre…

4. Les projets ou les attentes implicites par rapport à l’autre

Quatrième conséquence, et non des moindres. L’angoisse de perdre le contrôle, liée à la peur du changement va faire que nous allons nourrir des projets ou des attentes par rapport aux autres, mais sans jamais le leur dire. En gros, nous attendons que les autres se comportent comme nous pensons qu’ils doivent se comporter. Autrement dit, si nous parvenons à leur faire faire, à leur faire dire, à leur faire penser ou encore à leur faire ressentir ce que nous voulons, leurs comportements et leurs attitudes ne peuvent que nous sécuriser et nous conforter dans un statu quo par rapport au réel…
Nous nous prouvons donc à nous-mêmes que nous sommes capables de contrôler les autres, ce qui nous affranchit définitivement de l’angoisse du changement et de la mort.

Ces quatre caractéristiques constituent ce que la Dynamique Relationnelle Systémique (Dynarsys en abrégé) appelle une tentative de jeu de pouvoir. Pour que ces tentatives se transforment en jeux de pouvoir proprement dit, il faut et il suffit que l’autre alimente ou renforce le jeu du premier. Si j’accepte de subir les brimades de quelqu’un, je l’encourage à continuer… Par contre, plus je résiste aux mêmes brimades, plus je les renforce également, en vertu du principe d’action et réaction bien connu des physiciens… Nous sommes donc dans un cercle vicieux et infernal où l’acceptation du jeu a le même effet que la résistance. Comme si nous donnions le pouvoir à l’autre d’avoir encore plus de pouvoir sur nous…
La relation est donc un phénomène très complexe, se vivant à trois niveaux de réalité simultanément. À noter que les théories de communication classiques (comme l’Analyse Transactionnelle, la Méthode Gordon, la Méthode ESPERE de Jacques Salomé, la Programmation Neuro-Linguistique) travaillent sur les deux premiers niveaux, tandis que les approches plus systémiques (thérapies systémiques, Dynamique Relationnelle Systémique) apportent des éléments d’action sur le troisième niveau… D’où leur complémentarité indispensable.

COMMENT RENDRE NOS RELATIONS CONSTRUCTIVES ?

Avant de répondre à cette question, quatre remarques s’imposent.

  • Premièrement, guérir nos relations ou les rendre constructives ne se fait pas une fois pour toutes, car les conditions inconscientes qui nous ramènent vers les jeux de pouvoir sont présentes en permanence chez l’être humain… Tout au plus, peut-on conscientiser certaines zones d’ombre en nous… Tout au plus peut-on nettoyer les charges émotionnelles associées à la mémoire des événements. Il ne faut donc pas croire que l’on peut guérir définitivement…
  • Deuxièmement, dans la vision systémique de la Dynarsys, nous ne sommes jamais une victime innocente des jeux de pouvoir que nous subissons, à partir du moment où ces jeux se répètent. Car, comme nous l’avons vu, pour qu’une tentative de jeu de pouvoir fonctionne, elle a besoin d’être alimentée, renforcée par nos réactions. Nous sommes donc, à tout le moins, des complices involontaires de ce que nous subissons…
  • Troisièmement, cette notion de complicité involontaire recèle une opportunité intéressante. Le pouvoir que quelqu’un a sur nous dépend du pouvoir que nous lui donnons d’en avoir. En d’autres termes, son jeu a besoin du nôtre pour exister, pour trouver une réponse, un équilibre. Par conséquent, ce jeu d’équilibre d’action et réaction peut être désamorcé par une seule personne ! Cela ne dépend que de nous de ne plus subir le pouvoir des autres…
  • Quatrièmement, la complexité des relations est telle qu’aucune recette n’est efficace, surtout si celle-ci est appliquée sans avoir appris à décoder et à lire les phénomènes relationnels… En outre, l’omniprésence des jeux de pouvoir (ce fameux troisième niveau de la relation) rend certainement moins efficaces un certain nombre d’approches classiques de communication, qui elles ne traitent que les deux premiers niveaux de la relation… Un travail spécifique est donc nécessaire pour nettoyer la relation de ses pièges avant d’appliquer les règles de la communication…

C’est ce que cet article propose au travers des quelques principes généraux qui suivent.

1. Prendre 100 % la responsabilité de sa réalité

Ce premier principe consiste à apprendre à parler vrai, en toutes circonstances. Exprimer ce que je ressens mais en l’assumant; reconnaître ce que j’ai fait et dit; demander clairement ce que je veux; expliciter ce que je pense sans avoir peur de la réaction probable de l’autre… Énoncé comme tel, ce principe n’a l’air de rien. Mais il exige à la fois intégrité, alignement, courage, honnêteté et conscience de sa propre réalité…

2. Prendre 0 % responsabilité de la réalité de l’autre

Tout aussi difficile est de ne pas prendre la responsabilité de ce que l’autre vit.  En d’autres termes, il s’agit de ne plus prendre l’autre en charge, de vouloir le sauver à tout prix, de culpabiliser pour ce qui lui arrive. Mais il ne s’agit pas non plus de jouer l’indifférence. C’est plutôt une attitude d’écoute, de reconnaissance de ce que l’autre vit sans intervenir tant qu’il ne nous le demande pas. Ce qui implique d’avoir une grande confiance en son propre potentiel de guérison…

3. Ne plus avoir de projet ou d’attente implicites par rapport à l’autre

Ce principe nous oblige à clarifier d’abord pour nous-mêmes ce que nous attendons d’eux. En faisant l’exercice, on s’aperçoit très vite que nous sommes peu précis dans ce que nous attendons de l’autre. Nous en sommes même souvent inconscients. Cela exige que lorsque nous demandons quelque chose à quelqu’un, nous soyons prêts à recevoir un refus autant qu’un accord. Cela veut dire également, ne plus laisser l’autre deviner ce que nous voudrions qu’il fasse et qu’il dise… À l’inverse, il s’agit de cesser de deviner ce que les autres attendent de nous et d’apprendre à le leur demander au travers de phrases aussi simples que : « Qu’attends-tu de moi ? ».

4. Écouter ses malaises comme indicateurs des jeux de pouvoir

Les jeux de pouvoir mettant en œuvre des pressions psychologiques, cela engendre assez rapidement des malaises chez les deux personnes en présence. Écouter ses malaises comme des alliés, c’est-à-dire comme des indicateurs d’un dysfonctionnement, est une des stratégies les plus puissantes pour reconstruire nos relations. Il est d’ailleurs très utile d’exprimer à l’autre son malaise, et l’inviter à analyser ensemble ce qui se passe dans la relation entre les deux…

5. Oser les confrontations constructives

À la différence d’un conflit, les confrontations manifestent la volonté réelle et explicite de grandir à travers le processus, de se respecter tout en respectant l’autre… Ce principe nous amène à apprendre à « provoquer » des confrontations dès qu’un malaise est ressenti, plutôt que de laisser pourrir une situation, en espérant que le temps arrange les choses. Le principe de base à respecter pour que ces confrontations deviennent constructives, c’est de ne parler que de soi-même en prenant 100 % responsabilité de ses faits et gestes, et de parler de l’autre en décrivant objectivement ses comportements, sans jugements…

6. Apprendre à se respecter et à poser ses limites

Notre éducation judéo-chrétienne ne nous a pas appris à nous respecter nous-mêmes. Pour arriver à cela, il est impératif d’apprendre à identifier nos besoins, à les nommer et à poser les actes dans le principe de réalité pour que ceux-ci aient une chance d’être satisfaits. Une bonne mesure est de réfléchir aux limites à partir desquelles les besoins ne sont plus respectés, et de les signaler à l’autre. Complémentairement, explorer les limites de ce qui est acceptable pour l’autre peut se révéler très constructeur à long terme, car ainsi, nous sommes sûrs que l’autre ne donnera pas de coups de couteau dans le contrat dès qu’il sera signé.

7. Tirer des enseignements de toutes les expériences

Tant la pensée orientale que systémique nous a enseigné qu’il n’y avait, dans la vie, ni échec, ni réussite. Il n’y a que des expériences par rapport auxquelles nous recevons des feed-back agréables ou désagréables. À partir de là, l’intérêt est de pouvoir retirer des enseignements de toutes les expériences relationnelles que nous ferons, pour nous enrichir et devenir encore plus performants demain, par rapport à hier… C’est ainsi que même en cas de rupture, la relation peut encore être constructive à travers ce qu’elle nous aura appris…

En conclusion, vivre au quotidien des relations constructives est possible. Mais cela exige une discipline et une conscience constantes, car les embûches se présentent tous les jours sur notre chemin. L’équilibre à atteindre serait plutôt à l’image de ces bicyclettes qui ne tiennent debout que tant qu’on pédale. La relation est quelque chose à réinventer à chaque instant, jusqu’à la mort… Et qui sait, peut-être même au-delà.

Note : cet article est paru dans : Intuitions Magazine en avril 1996

POUR ALLER PLUS LOIN À PROPOS DE CETTE THÉMATIQUE

J’ai préparé pour vous une série de vidéos, en automne 2017, sur les thèmes du fondement inconscient de nos relations. Pour y accéder, veuillez cliquer sur un des liens suivants :

  1. 10 habitudes qui empoisonnent votre vie relationnelle
  2. Guérir nos maladresses relationnelles
  3. Améliorer nos relations sans outils de communication
  4. Construire des relations respectueuses, c’est possible !

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20 Commentaires
  • Daniel de St André
    Publié le 05:10h, 22 mars Répondre

    Jean Jacques, au cas où tu ne connaitrais pas : la communication non-violente de Marshall Rosenberg apporte des réponses et surtout une méthode applicable à ce type de situations quotidiennes.

  • Isabelle
    Publié le 10:55h, 28 mars Répondre

    Bonjour à tous,

    Licorne je te félicite d’avoir mentionné l’ouvrage Michael Brown, que je relis chaque année, je n’ose jamais le mentionné mais je te suis. Cet article et le concept de responsabilité personnelle dans la relation m’a également fait pensé à cet ouvrage.

    Pour répondre à Love, j’ai depuis peu appris que l’outil méditatif que représente cet ouvrage est en fait une introduction à la méditation transcendantale. L’apprentissage de la méditation m’a beaucoup aidée par le passé et je continue à la pratiquer quotidiennement

    Malgré tout je cherche toujours des réponses quand au développement de certaine relation. Je pense particulièrement à celle que j’entretiens avec mon frère et qui, suite au décès de mon père, a évoluée d’une manière que je n’avais pas anticipée. Il est décevant et à la fois rassurant de voir que malgré la varièté des questions posées, on tombe toujours sur les mêmes réponses.

    Je vous souhaite à tous force et sérénité pour surmonter les difficultés relationnelles que la vie nous réserve à tous.

  • Helia
    Publié le 01:42h, 26 septembre Répondre

    Bonjour Jean-Jacques

    Je découvre depuis hier votre existence, et tous vos écrits, dans les différents domaines que vous explorez, reflets de votre parcours de vie. C’est vraiment très intéressant, et vous avez des capacités de synthèse et de clarification appréciables.
    J’aurai cependant besoin d’un peu plus d’explications sur le paragraphe suivant :
    « Tout aussi difficile est de ne pas prendre la responsabilité de ce que l’autre vit. En d’autres termes, …
    Ce qui implique d’avoir une grande confiance en son propre potentiel de guérison… »

    J’avoue ne pas comprendre ce que vous voulez dire dans la dernière phrase. Pourriez-vous me l’expliquer ?

    D’autre part, dans le paragraphe « Prendre 0 % responsabilité de la réalité de l’autre », concernant la phrase « Tout aussi difficile est de ne pas prendre la responsabilité de ce que l’autre vit », il se trouve que je suis enseignante en France en école primaire avec des enfants de 9 ans, dans une école dite « difficile » ; nous accueillons des situations d’enfants bouleversantes ; quand un enfant a dormi la nuit précédente avec des chiens, ou qu’un enfant s’est fait battre au ceinturon le soir, comment ne pas interpeller son parent pour lui demander des explications ? Intérieurement, je ne peux pas être seulement dans une écoute empathique. J’aimerai face à cet exemple, qui vous puissiez éclairez ma compréhension.

    D’avance merci de prendre en compte ma requête pour ces 2 phrases.
    Chaleureusement,
    Hélia

    • Cedric
      Publié le 11:43h, 24 décembre Répondre

      Bonjour Hélia,

      je vois que ton commentaire est sans réponse depuis le mois de Septembre, je vais donc me permettre d’y répondre sans vouloir me substituer à Jean-Jacques mais simplement parce que je pense pouvoir t’aider à ce sujet.

      1. En ce qui concerne « ce qui implique d’avoir une grande confiance en son propre potentiel de guérison… »
      Jean-Jacques veut dire que toi, tu dois avoir confiance en le potentiel de guérison de ton interlocuteur.
      Que c’est à lui de prendre la responsabilité de ses actes, s’il n’est pas décidé à faire quelque chose et bien alors tu ne peux que l’écouter.
      2. En ce qui concerne les situations difficiles que tu vis à l’école. Lié au point 1, c’est à l’enfant de mentionner explicitement qu’il désire que tu l’aides ou que tu interviennes. Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas de ta responsabilité. La seule chose à faire est de rester disponible au cas où l’enfant désirerait te demander explicitement. Si tu ne suis pas cette démarche, tu peux imaginer le scénario des parents se plaignant à la direction de l’école de ton comportement interventionniste dans des affaires qui ne te regardent pas ou pire une plainte à la police. Ta direction te supporte-t-elle ? Si oui, jusqu’à quel point ? La police te croira sans doute ayant affaire à ce genre de situation quotidiennement mais légalement ils sont obligés d’enregistrer toute plainte et ce sera à toi de prouver ton innocence. Multiplie cela par le nombre d’enfants dans ces tristes situations…et pose-toi la question si tu désires et/ou est en mesure d’affronter cela sans que quiconque ne t’en ait fait explicitement la demande ?
      C’est la raison pour laquelle Jean-Jacques mentionne dans son article toute la conscience et la disciple constante que demande la vie au quotidien de relations constructives.

      En espérant avoir rendu les choses plus explicites.

      Bien à toi ,

      Cédric

  • Audrey
    Publié le 14:29h, 14 septembre Répondre

    Cet article est vraiment très intéressant et explicatif.
    Cependant, je pense qu’il est compliqué d’arriver à maitriser tout ça… surtout après une journée de travail. Tous les points que vous avez expliqué demande un certain sens de l’observation sur nous même et sur les autres (ou l’autre), au quotidien, ça doit demander beaucoup de concentration pour parvenir à se rendre compte de tout…

    • Sophie
      Publié le 08:56h, 19 avril Répondre

      Il ne s’agit pas pour moi de concentration, mais de connection à l’autre, à soi, avec le coeur. Je trouve difficile de me connecter quand mes réserves sont épuisées, faibles, « surtout après une journée de travail ». C’est pourquoi j’ai changé de travail, pour ne plus me vider tous les jours. C’est pourquoi je prends du temps pour me ressourcer.

  • elia
    Publié le 12:02h, 28 mai Répondre

    Bonjour , merci pour cet article qui me parle beaucoup , vous parlez de « confrontation constructive » , mais dans ma problématique perso , il me semble qu’on ne peut sortir du jeu de pouvoir que si les deux sont en demande de faire évoluer la situation.
    Si celui qui a le pouvoir ne veux rien céder ça devient compliqué surtout quand l’enfant est l’otage de se jeu de pouvoir.
    Bien à vous
    Elia

    • mathilde
      Publié le 09:43h, 10 juin Répondre

      Bonjour Elia, en réponse à votre commentaire j’aime bien la métaphore du jeu du tire à la corde quant un lâche l’autre ne peut que lui aussi lâcher la corde transposer à nos relations on peut comprendre comment cela opère, j’ai testé ça marche en vous souhaitant une bonne expérience de création.
      A vôtre humanité
      Mathilde

  • isabelle
    Publié le 14:49h, 11 avril Répondre

    En recherche de bonne documentation, ça a été un plaisir de lire. Merci vraiment, il tombe vraiment très bien.
    Beaucoup de ressenti spirituel, que je n’arrivais pas à communiquer, et là tout est bien écrit.
    Merci!

  • Licorne
    Publié le 16:43h, 25 février Répondre

    Merci pour cet article très enrichissant. En ce qui me concerne, je trouve que le dialogue est difficile que ce soit en couple ou avec les gens. Tant que je discute de tout et de rien, ça fonctionne mais si j’aborde une discussion plus profonde, l’attention de l’autre va se greffer sur un événement anodin extérieur, et je me retrouve à parler toute seule pendant que mon partenaire a cru entendre sonner ou est en train de s’intéresser au chat. C’est une situation que je rencontre souvent, des échanges limités et décevants. Une fuite due à du stress parce que les gens sont devenus très « réactifs ». J’ai trouvé un livre qui m’a apporté des réponses et un chemin à suivre c’est Le Processus de la Présence de Michael BROWN.

    • Carine
      Publié le 11:45h, 24 septembre Répondre

      Depuis quelques mois je « cherchais » comment faire pour ressentir et laisser monter à la surface mes Emotions enfuies……….parfois je sentais les prémices de quelque chose??????mais de suite le mental se mettait en route pour comprendre et « éteignait » ce ressenti!!!!!!!
      Merci, car grâce à vous j’ai trouvé le livre qui m’aide à trouver le chemin 🙂

    • love
      Publié le 12:49h, 17 janvier Répondre

      bonsoir licorne pouriez vous me parler du processus de la présence .merci

  • Mélinda
    Publié le 16:21h, 25 février Répondre

    Votre article m’a beaucoup touchée, d’autant qu’il arrive juste après un week end difficile pour moi. J’ai ressenti ce week end beaucoup de peur, d’angoisse, de culpabilité en lien avec une situation professionnelle que j’ai dû gérer du mieux que j’ai pu. Ma profession d’infirmière m’amène comme de nombreux-ses collègues à me retrouver face à la détresse humaine et à être engagée à porter des responsabilités qui portent sur la vie (voir le risque de mort) des autres. Face à ce risque de mort, je me suis sentie très seule ce we, j’ai eu terriblement peur de ne pas faire ce qu’il fallait, peur que quelque chose de fatal arrive, peur de ne pas avoir fait ce qu’il fallait, peur d’être coupable… J’ai été tellement envahie de cette peur, ou plutôt cette peur à trouvé une telle résonance en moi qu’elle ma totalement envahie… Ce n’est pas la première fois que je vis ça… Et comme vous le dites dans la première remarque « Il ne faut pas croire que l’on peut guérir définitivement ». Personnellement je n’utiliserai pas le mot guérir, car il implique pour moi la maladie… Il y a bien des choses en moi que j’aurai voulu changer, j’ai mis des années d’efforts à vouloir effacer (j’ai 47 ans…) . Mais je me rend bien compte que ces endroits sombres, lourds, pénibles malgré tous mes efforts, je ne peux les faire disparaître, ils font parties de moi (je pense très fort à l’alchimie dont vous parlez si bien). Pour accepter ces zones d’ombres, j’ai pris conscience petit à petit que le chemin le plus simple (pas forcément le plus facile…) est de réaliser ou de choisir de ne plus être une victime. Et la personne qui m’a le plus aidée à réaliser cela, c’est un détenu qui a passé 26 ans dans le couloir de la mort au Texas, Roger Mc Gowen, avec qui je correspond depuis 2009 et dont notre ami commun, Pierre Pradervand, a permis de publier un premier livre de leurs correspondances : « Message de vie du couloir de la mort » et l’année dernière: « L’audace d’aimer, une voie vers la liberté intérieur ». Je trouve que ces livres illustrent très simplement, les trois dernières remarques de votre article au chapitre de « comment rendre nos relations constructives ».
    C’est une grande joie de vous découvrir, Jean-Jacques, vous mettez en mots des aspects profonds qui me font me sentir moins seule.
    Merci à ceux qui ont pris le temps de me lire, je continue mon chemin avec mes hauts et mes bas, mes ombres et mes lumières 🙂
    Amitiés
    Mélinda

    PS: Pour ceux qui veulent en savoir plus sur Roger Mc Gowen et même, peut être le soutenir… Voici le lien: Roger Mc Gowen

  • Marhthinr
    Publié le 12:24h, 25 février Répondre

    Bonjour Jean Jacques
    Une réponse toute simple pour moi . Pourquoi ? parce que les attentes ne sont pas comblées. Pourquoi ? parce qu’on cherche à être comblé par l’autre ( une mère idéale) et qu’on ne sait pas qu’on peut être une bonne mère pour soi . Pourquoi ? Parce qu’on n’est pas présent à soi même et qu’on vit dans un imaginaire de l’autre …
    La relation est un apprentissage de l’honnêteté , d’abord avec soi même et ensuite avec l’autre . Alors , qu’est-ce qui nous empêche d’être honnête ? la peur de perdre ? la peur du manque ? Si c’est la peur qui est à l’origine , il y a bien la méthode Tipi qui peut peut être aider à résoudre .
    J’aime bien votre métaphore des  » bicyclettes qui ne tiennent debout que tant qu’on pédale ». On peut aussi choisir une petite pente et rouler les pieds en l’air 🙂 . Je n’ai pas de références d’auteur à vous donner , je ne lis pas , mais je regarde des films 🙂 et il y en a un qui illustre bien le « comment fonctionne la relation » c’est – UNE VIE A DEUX – avec Bruce Willis et Michelle Pfeiffer . C’est le seul film à ma connaissance qui met en lumière le nombre de « personnes » dans un lit de couple alors qu’on croit n’être que 2 . J’entends par là , ces « personnes » les inconscients respectifs des 2 partenaires .
    Allez jeter un oeil si cela vous tente : Une vie à deux
    Quoi qu’il en soit , merci pour riches réflexions et pour la bonne idée de votre école 🙂 .
    Bien à vous – Martine

  • Michelle Lacroix
    Publié le 08:34h, 20 février Répondre

    Vous abordez un sujet qui me passionne. Dans certains de vos exemples, je ne peux m’empêcher d’y voir des manifestations de tact, une approche qui évite de mettre l’autre dans l’embarras. Le côté sombre du tact, c’est qu’il sous-entend que l’autre connaît le code secret qui permet de décoder ce qui est dit afin de voir l’intention derrière les paroles. Il y a certainement des enjeux de survie derrière cette mauvaise habitude de couper la relation dès qu’un pépin surgit, plutôt que d’ouvrir un dialogue qui permettrait de renforcer la relation. L’auteur et psychologue Daniel Kahneman, lauréat d’un prix Nobel, dans son livre Système 1 Système 2, démontre que les événements négatifs se logent beaucoup plus aisément dans la mémoire que les événements positifs. Tout le monde devrait lire ce livre car il explique clairement comment nos biais cognitifs, inconscients, nous amènent souvent à prendre des décisions erronées et à tirer de fausses conclusions.

    • Jean-Jacques Crèvecœur
      Publié le 15:46h, 20 février Répondre

      Merci pour ce commentaire et cette référence que je ne connaissais pas. Je vais m’empresser de lire les travaux de Daniel Kahneman. Effectivement, j’ai toujours constaté que nous retenons davantage les événements négatifs que les événements positifs. Ce qui favorise, bien entendu, des interprétations négatives à la source des jeux de pouvoir.

  • DaN
    Publié le 08:31h, 05 février Répondre

    Article vraiment très intéressant !!

    Je dois vous féliciter Mr. Crèvecoeur d’avoir pris l’initiative de créer ce blog pour transmettre gratuitement un lot d’information très importantes pour les êtres humains !! Nous avons déjà eu quelques prises de bec à ce sujet il y a quelques années !!

    Mais aujourd’hui je ne peux que vous féliciter de ce blog et de vos vidéo sur youtube !!

    Bravo, merci et bonne continuation !!

    DaN

  • Isabelle Chanavat
    Publié le 08:52h, 08 janvier Répondre

    J’ai oublié, j’apprécie beaucoup Darpan au sujet de l’amour inconditionnel, il existe des vidéos intéressantes sur internet.
    A nous tous.
    Merci Jean-Jacques d’exister.
    Isabelle

  • Isabelle Chanavat
    Publié le 08:48h, 08 janvier Répondre

    J’apprécie beaucoup ce partage et cette générosité et cette transmission de ce que vous avez compris.
    Je voulais rebondir sur le quatrième principe quand dans la relation, il n’est pas accepté d’analyser ensemble l’état de notre relation, à part accepter la situation, que puis-je apprendre de ce blocage? Du coup de cette impossibilité d’améliorer la relation, le processus est-il d’accepter de la perdre. Comment le dire à l’autre dans l’amour pour qu’il réalise la rupture qui va aboutir ou est-ce intervenir dans l’espace de l’autre et ne pas le laisser découvrir par lui-même? Est-ce vouloir aller trop vite et ne pas voir que l’autre n’a pas ces capacités pour l’instant?
    Je m’y perds un peu.
    Principe 7 :super en accord, je le vis pleinement depuis longtemps et j’apprends beaucoup
    sur la relation et c’est pour cela qu’elle me passionne car nous sommes faits pour être en relation.
    J’apprécie beaucoup vos interventions depuis longtemps, je vous suis depuis l’histoire des vaccins, j’avoue que j’avais peur et quelque part vous l’alimentiez avec vos positionnements. Alors, à l’époque, j’ai pris du recul et j’ai continué à vous lire, car je suis très rebelle, et en même temps partager par ma sagesse de ne pas alimenter un système malsain. Alors je me suis confiée à l’univers, et ça a été. J’aime suivre votre évolution, elle est très riche. Et je suis épatée par la synchronicité, car j’ai suivi les 4 modules de Transurfing et je viens de découvrir que vous étiez très impliqué. J’ai lu vos réactions et je dis bien réactions, car je n’ai pas senti assez de recul dans ce que vous disiez sur la situation. Je sens du jugement par rapport à Olivier Masselot et non un amour inconditionnel. Je comprends pleinement ce que vous vouliez apporté et ce que vous avez déjà apporté à Transurfing (vos vidéos sont riches et explicites et généreuses, vu le temps que ça vous a pris et vous l’offrez pour permettre à chacun d’avancer malgré des situations financières qui ne permettent pas d’accéder à Transurfing. Bravo. Je vous sens touché, blessé, pas compris dans cette situation et vous vous êtes positionné et vous avez l’honnêteté de l’exposer à tout le monde en vous justifiant. J’ai hâte de voir comment vous allez évoluer à travers cette expérience, qui évident reste une expérience, si nous ne nous prenons pas au sérieux, pour que l’égo récupère son pouvoir.
    Merci à vous de nous partager une partie de votre expérience et de nous permettre de partager pour continuer d’avancer tous ensemble.
    De tout coeur avec vous.
    Isabelle Chanavat

  • harmonie
    Publié le 08:16h, 08 janvier Répondre

    Article très intéressant qui peut s’enrichir par la maieusthésie et l’hooponopono
    Merci pour votre site et vos écrits qui sont enrichissants

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