Doute #7 : Faut-il condamner les virus pour crime contre l’Humanité ?

01 Jan Doute #7 : Faut-il condamner les virus pour crime contre l’Humanité ?

Les microbes sont-ils responsables des maladies ? C’est sur cette question fondamentale que je terminais mon article le mois dernier (voir Doute #6). De manière provocatrice, j’avais répondu : « pas plus que les gendarmes, les policiers et les pompiers ne sont responsables des accidents mortels de la circulation… » Me voici, à présent, en posture bien délicate, car cela fait des mois que je vous incite et que je vous encourage à pratiquer le doute systématique ! J’espère donc que vous n’avez pas avalé comme paroles d’Évangile mes propos du mois dernier… Mais j’espère aussi que vous n’avez pas rejeté, d’un revers de la main, les propos que je tenais. Car croire aveuglément une thèse, aussi sérieuse soit-elle, relève de la même immaturité intellectuelle que de la rejeter sans prendre la peine de l’étudier… En toute circonstance, le doute systématique est une hygiène mentale qui consiste à questionner le Réel, sans a priori ni positif, ni négatif… Ce préambule étant fait, examinons le dossier judiciaire instruit à l’égard des virus, afin d’établir si, oui ou non, ils sont responsables de la mort de millions de personnes chaque année, depuis de nombreux siècles… Ce qui ferait des virus les plus grands génocidaires de toute l’histoire de l’Humanité.

LES VIRUS À LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE…

Pour rédiger ma chronique, j’ai imaginé le procès qui pourrait être intenté contre les virus, devant le TPIV (Tribunal Pénal International contre les Virus), pour crime contre l’Humanité, infanticide et génocide. D’un côté, le procureur de la partie civile, représentant les collectifs des familles de victimes. De l’autre côté, l’avocat de la défense, qui aura certainement fort à faire pour plaider l’innocence de ses clients… Malgré la présomption d’innocence que l’on doit accorder aux prévenus, il faut reconnaître que de nombreux faits accablants les désignent comme les coupables idéaux. Le procureur de la partie civile n’a d’ailleurs aucune difficulté à citer à charge des accusés les délits suivants : toutes les épidémies de grippe du monde (dont la plus effroyable était celle de 1918 !), ce terrible fléau qu’est le SIDA (reconnu depuis plus de 30 ans), la famille des hépatites (de A à E), la plupart des maladies d’enfance (rougeole, rubéole, oreillons, varicelle pour en citer les principales), certaines maladies tropicales (comme la dengue ou la fièvre jaune) et enfin, le fameux cancer du col de l’utérus qui préoccupe de plus en plus les autorités sanitaires des pays occidentaux…

Nul besoin pour le procureur d’investir beaucoup de temps pour démontrer que, lors de toutes ces hécatombes, la présence des virus a toujours été attestée et rapportée ! Une telle fréquence ne peut plaider qu’en faveur de la thèse de la culpabilité. Et le procureur de rappeler, au passage, que les efforts de la guerre initiée par Jenner et Pasteur durant la seconde moitié du dix-neuvième siècle devraient être maintenus et intensifiés à tout prix contre les virus. Enfin, c’est par un vibrant appel à la vaccination universelle qu’il termine sa plaidoirie, réclamant la condamnation immédiate des accusés et l’arrestation immédiate de tous les lobbies anti-vaccins !

Lui succède sans attendre l’avocat de la défense qui commence comme suit : « Rappelons-nous, Mesdames et Messieurs les jurés, que les virus sont des entités qui existent sur la planète depuis que la vie est apparue sur Terre, c’est-à-dire entre 2,5 et 3,8 milliards d’années (selon les experts) ! Ils existent donc sur cette planète depuis bien avant les hominidés (dont les origines remontent à plus ou moins 7 millions d’années). Rappelons-nous également que les virus sont les hôtes de notre organisme, que nous le voulions ou pas, et qu’ils y sont en nombre ! En réalité, chacun de nos organismes héberge trois mille milliards de virus, et l’immense majorité d’entre eux joue un rôle absolument vital dans la régulation et l’équilibre de notre physiologie. Pensez-vous sincèrement que, si les virus étaient les criminels que Monsieur le Procureur vient de dépeindre, pensez-vous sincèrement qu’un seul humain serait encore en vie aujourd’hui sur Terre ? Si les virus étaient les ennemis jurés de l’homme, nous ne serions plus là, ni vous, ni moi, pour en débattre ! Sur les milliers de types de virus différents, saviez-vous, Mesdames et Messieurs les jurés, que seule une petite dizaine de virus est considérée par les chercheurs en biologie cellulaire comme pathogènes ? Alors, de grâce, ne généralisons pas trop vite et ne nous laissons pas abuser par ces propagandistes qui ont fabriqué de toutes pièces cette mauvaise réputation à l’ensemble de la population virale ! Rappelons enfin qu’ils sont indestructibles et qu’une condamnation à mort serait, de toute façon, inutile. Donc, avant même de présenter les éléments à décharge, la sagesse nous inviterait à les étudier, à les comprendre et peut-être à apprendre à vivre en bonne intelligence avec nos hôtes… Car toute guerre qui leur serait faite serait perdue d’avance par notre stupide insolence. »

UNE PREMIÈRE PREUVE EN FAVEUR DES VIRUS

« Ceci étant dit, permettez-moi de vous parler maintenant de la vie intime des virus, de leur vie cachée. Pour ce faire, allons les rejoindre à un endroit où l’on est sûr de pouvoir les trouver. Supposons que vous vous soyez arraché un morceau de peau, en tombant par terre ou en heurtant un mur de ciment. Vous aurez ce qu’on appelle une plaie… Une fois que vous aurez nettoyé et désinfecté la plaie, il va se former une croûte assez épaisse et rigide. Tout le monde sait qu’il faut veiller à ce que cette dernière ne soit pas, à son tour, arrachée. Mais si, par accident, celle-ci était arrachée, qu’y trouve-t-on ? Un liquide purulent dont l’odeur peut être assez nauséabonde. C’est dans ce liquide que les virus sont très actifs et présents en grand nombre.

Ça peut paraître surprenant, alors que la blessure avait été nettoyée et désinfectée avec grand soin… Pourtant, une simple analyse de ce liquide jaunâtre ne laissera aucun doute sur la nature de sa composition. Alors, d’où viennent ces virus ? Et que font-ils surtout ? Les réponses sont très simples : ils étaient déjà présents dans le corps, au cas où un accident nécessitait leur intervention, mais ils étaient au repos, en stand-by. Je vous rappelle qu’ils sont trois mille milliards à occuper notre corps, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept ! La virologie classique les décrit d’ailleurs comme non pathogènes ou non virulents. Et quel rôle jouent-ils, lorsqu’ils deviennent actifs ? Ils réparent les tissus, les reconstruisent, les régénèrent, discrètement, silencieusement, dans l’ombre de cette fameuse croûte. Supposons, à présent, que vous décidiez d’arracher votre croûte tous les jours, que pensez-vous qu’il va arriver ? Eh bien, votre peau ne se réparera jamais à cet endroit, vous faisant perdre une partie de votre intégrité physiologique et vous exposant au danger d’intrusion de corps indésirables dans votre organisme… Par contre, si vous ne contrecarrez pas la nature, si vous laissez votre croûte intègre, vous savez par expérience qu’en fin de compte, celle-ci tombera d’elle-même laissant apparaître un épiderme tout neuf et aussi solide (si pas plus) que le morceau qui avait été arraché précédemment. À cet instant, vous constaterez que plus aucun virus ne sera actif dans cette région, leur mission réparatrice étant accomplie… »

LES PREUVES EN FAVEUR DES VIRUS

Dans la salle d’audience du Tribunal, un malaise diffus commence à se faire sentir parmi les jurés. Même le procureur semble moins sûr de lui, après cette première salve décochée par l’avocat de la défense. La suite est encore plus éblouissante… « Cette vision des virus comme agents de reconstruction et de réparation est probablement surprenante, j’en conviens. Elle l’est, non seulement pour le commun des mortels, mais aussi pour la plupart des médecins encore formés, malheureusement, dans la ligne de pensée de Louis Pasteur. Pourtant, les preuves pour appuyer ma thèse, c’est auprès de la médecine classique que je vais les chercher. J’appelle donc à la barre, un premier témoin, chirurgien spécialisé en traumatologie. »

Monte à la barre un homme grand, élancé, la cinquantaine, lunettes carrées, cheveux poivre et sel. Je peux résumer son long témoignage comme suit : « Depuis une dizaine d’années, plusieurs équipes de chirurgie dans le monde ont testé avec succès une stratégie réparatrice efficace en cas de fracture osseuse. Au lieu de recoudre immédiatement le membre fracturé, nous nous contentons de réaligner les os brisés, mais nous laissons la plaie ouverte. Ce processus provoque, du coup, une multiplication plus importante des virus. Avec pour conséquence observée, une reconstitution du cal osseux 30 % plus rapide et plus solide comparée à l’approche chirurgicale classique… Sans nul doute, Maître, nous attribuons ce succès au rôle réparateur des virus présents dans l’organisme… »

Lui succède à la barre, un biologiste japonais, le professeur Tsuyoshi Etoh qui, lui aussi, vient témoigner de leur toute nouvelle collaboration fructueuse avec les virus. « Nous avons découvert que certains virus (plus précisément les réovirus, habituellement présents dans l’appareil respiratoire et dans le tractus intestinal) peuvent devenir des agents très puissants dans le traitement du cancer du pancréas. » Dans son témoignage, il cite également d’autres travaux plus avancés dans le traitement des mélanomes, où là, on fait appel à certains virus de l’Herpès. Ou encore ces glioblastomes (tumeurs cérébrales) traités par une variété particulière de virus de la grippe…

À l’issue de cette première journée, l’assemblée semble perdue dans ses réflexions. Se pourrait-il que tous les virus, dans toutes les circonstances, jouent le même rôle d’agents réparateurs, reconstructeurs, régénérateurs ? C’est encore trop tôt pour le dire… Surtout que, pour l’instant, l’avocat de la défense n’a présenté que les virus considérés comme utiles. Comment compte-t-il s’y prendre pour aborder le dossier des épidémies et des virus pathogènes ? Rendez-vous au prochain article pour la suite du compte rendu de ce procès historique !

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7 Commentaires
  • Marie-Hélène Potter
    Publié le 11:55h, 22 février Répondre

    Merci

  • Kaba
    Publié le 03:16h, 05 septembre Répondre

    oui il faut laisser le corps lutter mais? Que fait on quand on a l hepatiteB ? Ou C ? Ou des e coli? Dt d autres des ces monstres qui nous pourissent la vie? Il faut regarder et souffrir. qu en dites vous?

  • Magêna
    Publié le 10:20h, 06 février Répondre

    Entièrement d’accord avec cet article. On a fait fausse route avec cette peur des microbes de toutes sorte… Personnellement, je laisse beaucoup faire la nature. Et, comme vous, je ne croie rien aveuglement. J’expérimente sur moi. Maintenant, mon corps me parle. C’est formidable! Il a sa propre intelligence.
    Merci (et merci pour la vidéo),
    Magêna.

  • Diane
    Publié le 14:30h, 31 janvier Répondre

    Bonjour,
    Que pensez-vous du zona qui vient de la varicelle que l’on porte en nous et voici le zona. Je pense qu’il est bon aussi de mentionner que dans la vie même viral, il y a des exceptions. Aussi certains virus donnent le cancer concrétisé chez le singe en premier il y a très longtemps.

  • roy
    Publié le 12:08h, 31 janvier Répondre

    Bjrs Jean Jacques
    Merci pour votre article récréatif sur la présence et l’utilité de nos amis virus!
    Mais que dire à une personne de mon entourage à qui on vient d’enlever des polypes dans la vessie et dont certains étaient des « petits malins »!!! et à qui il est proposé une ablation de la vessie sous peine de voir « s’enflammer » l’affection!!!???
    Merci pour votre avis
    mireil

  • sylviane
    Publié le 02:12h, 31 janvier Répondre

    Bonjour Jean jacques,
    je suis à l’AVM2 et j’ai comme hôte le virus de l’herpès labial génital.
    Jusqu’ici j’ai essayé la crème et les traitements inutiles. En ce moment, j’ai une crise : je suis en plein système parasympathique puisque je me repose, je fais une cure thermale, et j’ai envie de laisser mon virus s’exprimer sans prendre de traitement : je pense à mon foie;
    je le considère comme faisant partie de moi et une forme d’expression de mon mal être accumulé lorsque j’étais la maison rouge…non ?
    j’aimerais des éclaircissements… sil te plaît
    sylviane
    merci pour ton intervention elle tombe à pic

  • Marco
    Publié le 23:52h, 09 janvier Répondre

    CQFD
    Thanks again

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