Alchimie #11 : Comment transmuter la mort (7) ?

19 Déc Alchimie #11 : Comment transmuter la mort (7) ?

« Les vrais philosophes s’exercent à mourir, et ils sont, de tous les hommes, ceux qui ont le moins peur de la mort », écrivait Platon. Curieuse idée que celle de s’exercer à mourir. Cela voulait-il dire que ce philosophe grec du cinquième siècle avant notre ère avait des idées suicidaires ? Pas du tout, bien au contraire ! Ce que ce grand penseur voulait dire, c’est que si nous passons notre vie à essayer d’éviter de mourir, nous nous empêchons de vivre pleinement notre vie…

Car la réalité de la mort physique est une des grandes certitudes existentielles dont le caractère inévitable saute aux yeux de tous ! Woody Allen résumait parfaitement cette réalité en rappelant que « la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible. »
Quoi de plus sombre donc que la mort ? Quoi de plus négatif aux yeux de beaucoup ? Pourtant, une alchimie est possible également dans ce domaine…

Dans ce septième et dernier courriel, j’aimerais vous montrer comment transmuter la mort en une nouvelle vie.

Pour ce faire, je vous invite à vous interroger avec moi sur la nature de la mort, surnommée dans la littérature comme la grande faucheuse… Si nous partons de la symbolique associée à la mort, on retrouve souvent des faux, des épées, des ciseaux. Tous des instruments faits pour faucher, pour trancher, pour couper. À première vue, il n’y a que du négatif dans ce geste, car il manifeste la fin de quelque chose. Lorsque les blés sont fauchés, leur croissance et leur mûrissement sont stoppés net. Lorsque le fil de la vie est coupé, notre vie s’arrête inexorablement, brutalement. Et cette idée nous effraie.

Pourtant, l’alchimie nous invite à changer notre regard sur cette réalité qu’est la mort. Elle nous invite à comprendre que la mort est absolument nécessaire à la vie. À commencer par ce tout premier geste posé par la sage-femme depuis des millénaires : couper le cordon ombilical ! Si ce cordon n’avait pas été tranché pour nous, nous n’aurions jamais pu entrer dans la vie dans toute sa plénitude. Mais cette arrivée dans le monde nous a tellement traumatisé (voir le troisième conseil relatif aux peurs) que nous sommes terrorrisé à l’idée de revivre une nouvelle coupure. Pourtant, n’est-ce pas la coupure qui permet une nouvelle vie ?

Prenons quelques exemples parmi beaucoup d’autres. Pour m’engager en couple vis-à-vis d’une personne, il faut que je renonce à tous les autres possibles… Pour choisir de travailler sur un projet, il faut (temporairement du moins) tuer tous les autres projets… Pour évoluer en tant qu’individu, il faut que je me coupe de ce qui me rattache à mon passé pour pouvoir y être infidèle… Pour mûrir et devenir adulte, il faut que je perde mon innocence d’enfant… Pour créer de la nouveauté, je dois transgresser l’ordre établi, le statu quo…

Or, nous avons tellement peur de rompre, de couper, de trancher, de tuer, de renoncer, de nous limiter que nous restons prisonnier du passé, de l’ancien, de notre culture, de notre famille, de notre religion. Avec pour résultat que nous ne vivons pas pleinement la vie que nous aurions voulu vivre. Quand Jésus-Christ enseignait qu’on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres, c’est bien cela qu’il suggérait. Pour vivre une vie pleine et entière, nous devons nous exercer à mourir à tout ce qui nous entrave sur notre chemin de vie… Plus nous nous entraînons à mourir au quotidien, plus notre vie devient synonyme de plénitude, et moins nous avons peur de la Grande Mort.

Dans la tradition amérindienne, il est dit qu’au moment de notre mort, nous aurons le privilège de rencontrer le Grand Aigle qui nous soumettra à trois questions fondamentales :
— Qu’as-tu fait de ta Vie ?
— Comment as-tu aimé ?
— À quel œuvre, plus grand que toi, as-tu contribué ?
Lorsque j’ai eu connaissance de ces trois questions, je me suis dit que je ne voulais pas attendre l’heure de ma mort pour commencer à y répondre. Et chaque fois que je dois faire un choix important pour orienter ma vie, je me projette dans le futur, à la veille de ma mort, et je me pose la question suivante : « Si je prends telle orientation maintenant, serai-je satisfait, le jour de ma mort, d’avoir pris cette décision ? »

Concrètement.

L’exercice que je vous suggère, cette fois, ressemble davantage à une méditation qu’à une réflexion intellectuelle. Je vous invite donc à vous visualiser trois jours après votre mort. Vous rencontrez le Grand Aigle et vous entendez les trois questions dans le fond de votre cœur :
— Qu’as-tu fait de ta Vie ?
— Comment as-tu aimé ?
— À quel œuvre, plus grand que toi, as-tu contribué ?

Ensuite, après avoir répondu à ces trois questions, passez en revue :
— Tous les possibles auxquels vous n’avez pas pu renoncer
— Toutes les choses qui vous attachent au passé et à la matière dont vous n’avez pas réussi à vous défaire
— Toutes les relations que vous auriez dû couper depuis longtemps
— Toutes les croyances qui ont limité votre déploiement
— Toutes les images de vous que vous avez voulu maintenir à tout prix
— Toutes les infidélités que vous auriez dû vivre pour être fidèle à vous-même

Saisissez une épée (ça peut être Excalibur, l’épée de Justice du Roi Arthur), et avec l’aide de l’ange lumineux de la mort, coupez, tranchez, tuez tout ce qui doit l’être.

Enfin, choisissez de revenir dans l’incarnation, et engagez-vous à accepter de mourir à tout ce qui est nécessaire pour enfin VIVRE…

Voilà, cet exercice clôture la série que j’avais envie de vous offrir pour vous aider à devenir les alchimistes de votre propre existence. Cette série d’articles que j’ai eu grand plaisir à rédiger pour vous est inspirée d’une formation en ligne que j’ai donnée en 2011 dans le cadre de Conversation Papillon. À l’époque, près de quatre cents personnes avaient suivi en direct ou en différé les enseignements et les exercices que je leur avais proposés. Au fil des rencontres, les séances se sont révélées de plus en plus intenses et profondes, touchantes et émouvantes même (surtout les deux dernières où l’énergie qui circulait entre les participants et moi était palpable).

Depuis quelques jours, cette formation est disponible en téléchargement pour que vous puissiez approfondir chacun des exercices qui vous a été proposé. Très sincèrement, je peux vous garantir que vous retirerez de cette écoute (plus de 13 heures d’enregistrement que vous pourrez suivre à votre rythme) beaucoup plus que ce que vous recevez d’un séminaire de deux jours qui dure le même nombre d’heures, même quand c’est moi qui l’anime. Pourquoi ? Parce que dans ce format de cours, nous allons à chaque fois à l’essentiel, sans perdre notre temps à des considérations secondaires…

En cette période de réévaluation, je forme le vœu que vous viviez réellement une vie plus gratifiante, plus pleine, plus proche des aspirations de votre âme. Je forme le vœu que vous deveniez capable d’accueillir avec gratitude les côtés sombres et obscurs de votre existence et de votre personnalité. Car ce sont eux qui constituent la matière première à partir de laquelle votre véritable richesse intérieure pourra s’épanouir. Je forme le vœu que votre bilan soit porteur de la promesse d’une meilleure vie.

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13 Commentaires
  • mireille
    Publié le 14:09h, 06 février Répondre

    MERCI J. JACQUES POUR TOUT CE QUE VOUS NOUS TRANSMETTEZ

    Juste une une petite parenthése pour rassurer ceux qui ne veulent pas laisser couler l’ eau dans la riviere ou laisser l’ air repatir dans le ciel ( ref. dernier souffle) par peur bien souvent pour leur dire Ayez confiance en vous meme . Si l’ on meurt un jour c’ est qu’ on a choisi de le faire La plupart du temps on ne s » en souvient pas mais c’ est le cas. Notre corps est conçu pour etre eternel on y a enlevé quelques programmes pour pouvoir mourrir car c’ est necessaire a la bonne continuité des choses. Vous reviendrez n’ ayez crainte ! Vous retrouverez les meme personnes qui vous sont cheres aujourdhui ainsi que les choses auquelles vous tenez pour recommencer le merveilleux cycle de la vie et de la mort.
    RIEN NE S’ARRETE JAMAIS Il faut juste l’ accepter.
    Comme quand je les relies ces paroles ressemblent un peu à un sermon d’ église je tiens à préciser que je ne suis croyante qu’en le grand univers avec sa grande intelligence collective avec laquelle j’ ai appris à bien communiquer. Le travail de deuil est une lourde besogne qui nous est necessaire et qu’ il faut accepter car il nous ouvre les portes d’ un avenir meilleur alors n’ hesitons pas à nous y entraider.

  • anne
    Publié le 08:50h, 30 mai Répondre

    Bonjour Jean-Jacques
    je découvre ton article aujourd ‘hui …les exercices à faire pour sortir de cette peur de la mort. ok…. La  » grande séparation » du début… à qui et à quoi.? … à la fin….à ceux et à ce que l’ on connait , même imparfaits …Aucune certitude pour l’ inconnu…d’ où vient on où va t-on ?..espoirs et doutes, ensemble, en parler, ….rassurant….vague qui roule , va et vient , obscurité et lumière, souffle et expire…..enfant qui nous touche et vieillard oublié …
    Une véritable alchimie à réaliser… pour sortir de l’ impasse…..Merci Jean-Jacques.
    Je viens de découvrir un alchimiste….https://www.youtube.com/watch?v=UBgAefDqLt0 Patrick BURENSTEINAS
    merci et amicalement

  • samir
    Publié le 12:04h, 19 août Répondre

    bonjour;

    J’ai toujours voulu être content et fière au moment de ma mort… pour atteindre cela il faut déjà être satisfait de la façon avec laquelle on mène notre vie. L’exercice que vous avez présenté sur cet article me montre le chemin le plus court pour atteindre ce but… néanmoins, reste encore la question éternelle : qu’est ce qui se passe après la mort ?? c’est cette question qui m’empêche parfois de vivre pleinement ma vie ?? le fait de ne pas savoir ce qui se passe après la mort, me donne l’envie de me demander si je suis sur la bonne trajectoire ou pas ! et c’est quoi la raison de mon existance.. dans le cas où la réponse n’est pas disponible… c’est l’obscurité totale qui m’enferme.. je serai bien content si tu peux me tenir la main et m’aider à faire dépasser cela en s’appuyant sur votre expérience

  • lucienne
    Publié le 14:21h, 11 mars Répondre

    Oui renouveler les execrcices… « pratiquez pratiquez ! » disait toujours le maître de tai chi qui m’a appris cette… pratique ! C’est comme se brosser les dents, c’est tous les jours ! Sans culpabiliser si ce n’est pas possible !
    Progressivement, je m’occupe aussi de mon hygiène mentale, émotionnelle et psychique.
    Merci pour cette méthode et la précédente : la transmutation des émotions avec la boucle alchimique en 4 étapes : observer, nommer, accepter, dénouer. Enfin un mode d’emploi accessible.
    Merci pour cette synthèse.

    La kinésiologie (l’EFT aussi) m’a beaucoup aidé à remettre à plat les processus émotionnels engrammés dans le corps. Pourtant, c’est une méthode qui laisse moins d’autonomie que la vôtre et qui nécessite un bon(ne) praticien(ne).
    Par contre parfois d’agir seule me porte à un certain ‘tourisme’! mais nécessité fait loi ! Le tout est de s’approprier la méthode et de répéter, de pratiquer.

    En fait j’ai (re)-commencé – 2 mois après avoir reçu les courriels – avec une émotion simple et récente et là j’ai entièrement ressenti le processus ‘d’évacuation/dénouage’. Je pratique le reiki et j’ai ce ressenti lorsque « les choses bougent », que l’énergie re-circule. Ensuite, il y a ce que l’on en fait !
    Là j’ai passé en revue chaque nouvelle émotion qui arrivait jusqu’à ce que le corps dise stop ok (pour moi un gros soupir qui indique que c’est terminé – pour cette fois !)

    Je me sens revalorisée, en processus actif et avec le besoin de partager cette expérience. waah!
    L’échange et le don sont la solution pour la planète et l’avenir – voici une vidéo TEDxConcorde – de Thanh Nghiem – La pollinisation ou le partage des savoirs
    lien pour la vidéo.

    Et puis aussi ce lien que j’ai reçu aujourd’hui : Changer de croyances pour changer de monde, une belle vision du monde occidental et oriental. SB
    lien pour la vidéo.

    J’ai envie de faire le lien entre les pratiques ! Merci Jean-Jacques d’essaimer, de défricher, de partager, de solliciter, c’est de la très bonne énergie !!!
    Qu’elle te revienne à 100% !

  • m'sisi
    Publié le 02:28h, 06 mars Répondre

    Bonjour Jean Jeaques,
    Merci de nous éclairer sur notre chemin de vie. Ces conseils viennent à point nommé pour moi.
    je n’ai pas compris votre première phrase :
    « tous les possibles auxquels vous n’avez pas pu renoncer »
    Merci de m’éclairer sur ce point.

    • Jean-Jacques Crèvecœur
      Publié le 00:40h, 07 mars Répondre

      Cela veut dire que, quand on fait des projets, on a plein de possibilités qui s’offrent à nous. Par exemple, vous voulez partir en vacances. Vous avez comme possibilité la France, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et la Tunisie. Vous aimez ces différents pays. Et vous ne parvenez pas à renoncer à tous ces possibles. Conséquence, vous ne partez nulle part, puisque vous n’avez pas renoncé à quatre des cinq destinations possibles. Autrement dit, pour pouvoir partir quelque part, pour pouvoir réaliser quelque chose, il faut « tuer » toutes les autres possibilités. Temporairement du moins.

  • Serge Meunier
    Publié le 03:19h, 28 décembre Répondre

    28 décembre. Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous

    Hier une circonstance spécifique m’a fait toucher du doigt à un aspect de ma vie psychologique aux effets fortement négatifs. Peut-être le chemin que j’avais effectué ces jours derniers le long des six premiers conseils et leurs exercices l’avait-il préparé.

    De là, je peux pleinement revendiquer l’acceptation du sentiment douloureux, le nommer puis l' »expirer ». Je vais aussi poser des actes consistant à trancher : trancher intérieurement avec une forme d’affection qui était donnée de façon infantile et, de là, trancher extérieurement si le besoin s’en fait sentir…

    Une bonne fin d’année à tous
    Serge

    • Jean-Jacques
      Publié le 18:41h, 29 décembre Répondre

      Bonjour Serge,

      Je suis très touché de lire avec quelle sérieux et quelle assiduité vous avez pratiqué ces exercices que je vous ai proposés. Carl Gustav Jung disait, à propos des processus de guérison, qu’ils requièrent trois étapes essentielles : prise de conscience, action et persévérance. Enlevez-en un de trois, et la démarche devient stérile ! Je vous encourage donc à répéter l’expérience chaque fois que vous le sentirez nécessaire et utile…

      Jean-Jacques Crèvecœur

    • Jean-Jacques
      Publié le 01:43h, 05 février Répondre

      Bonjour Serge,

      Je suis très touché de lire avec quelle sérieux et quelle assiduité vous avez pratiqué ces exercices que je vous ai proposés. Carl Gustav Jung disait, à propos des processus de guérison, qu’ils requièrent trois étapes essentielles : prise de conscience, action et persévérance. Enlevez-en un de trois, et la démarche devient stérile ! Je vous encourage donc à répéter l’expérience chaque fois que vous le sentirez nécessaire et utile…

      Jean-Jacques Crèvecœur

  • H. Blouin
    Publié le 09:28h, 25 décembre Répondre

    MERCI pour cet article fort intéressant! Je viens de terminer la lecture du livre de Grigori Petrovitch Grabovoï: L’homme des codes de guérison miracle. J’ai été très étonnée de ses propos sur l’après mort! Connaissez-vous cet auteur russe, personnage assez exceptionnel!

    • Jean-Jacques
      Publié le 18:37h, 29 décembre Répondre

      Merci de me rappeler au souvenir de Grabovoï. Un de mes très bons amis m’avait recommandé de le lire, mais je n’en avais pas eu le temps. Je remets cela sur mes tablettes pour les prochaines semaines !

    • Jean-Jacques
      Publié le 01:44h, 05 février Répondre

      Merci de me rappeler au souvenir de Grabovoï. Un de mes très bons amis m’avait recommandé de le lire, mais je n’en avais pas eu le temps. Je remets cela sur mes tablettes pour les prochaines semaines !

  • Serge Meunier
    Publié le 13:58h, 24 décembre Répondre

    Chacune de ces démarches fait revenir à ce que d’habitude je fuis, par peur et en croyant me débarrasser d’un fardeau.

    Si je fuis une part de qui je suis, je me fuis donc moi-même.

    J’avais l’intuition de cette approche. Elle illustre effectivement l’individuation Jungienne. Merci à Jean-Jacques et je me promets de renouveler les exercices…

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