Alchimie #8 : Comment transmuter nos échecs (4) ?

16 Déc Alchimie #8 : Comment transmuter nos échecs (4) ?

Nous vivons tous les jours une multitude d’expériences. Ça ne veut pas dire pour autant que ces expériences nous enrichissent ! Car, comme le soulignait très justement Edgar Morin, « ce n’est pas parce qu’on a vécu des expériences que l’on a DE l’expérience. Pour que les expériences deviennent de l’expérience, il faut sans cesse se les remémorer et les reméditer… Une fois que nous avons transformé les expériences en conscience, nous sommes prêts pour un nouveau commencement… »

Cette phrase de ce grand penseur français contemporain illustre très bien le principe alchimique que j’aimerais vous partager aujourd’hui. En effet, laissez-moi vous expliquer comment transmuter vos échecs en enseignements enrichissants.

Si vous avez lu mes textes précédents, vous aurez compris que l’esprit de la démarche alchimique consiste à trouver, dans chaque facette négative de notre vie, un potentiel positif. C’est ainsi que nous avons vu qu’une ombre inconsciente peut devenir une source de connaissance de soi, qu’un défaut peut se muer en une compétence utile pour soi et pour les autres, qu’une peur peut se révéler une confirmation précieuse de la direction à donner à nos actions !

À présent, je vous invite à découvrir qu’une alchimie est également possible pour transmuter nos échecs en quelque chose de très enrichissant pour nous.

À nouveau, partons d’un constat simple. Toute notre culture est fondée non seulement sur la valorisation de la réussite et de la performance, mais aussi sur la condamnation de l’échec et de la faillite. Il ne nous viendrait jamais à l’idée de féliciter quelqu’un qui échoue à l’école, qui rate son mariage, qui fait faillite économiquement ou qui tombe malade. Pourtant, si on y réfléchit bien quelques instants, l’échec est porteur de bien plus d’enseignements que la réussite. Comme le disait le philosophe Michel Serres lors d’un congrès auquel je participais, « je n’ai appris les bases de la mécanique automobile que lorsque ma voiture a commencé à tomber en panne ! »

Une enquête américaine a révélé il y a quelques années que 80 % des managers qui dirigeaient les cinquante entreprises les plus performantes des États-Unis avaient fait faillite entre deux et quatre fois auparavant. Et ces managers déclaraient unanimement que ces faillites avaient été pour eux de très grandes leçons de ce qu’il fallait à tout prix éviter si on veut réussir dans les affaires ! Intéressant, non ?

Bien sûr, il ne suffit pas d’échouer pour devenir un expert ! Pour ce faire, il faut une méthode pour transformer un échec en enseignement. Comme le disait Aldous Huxley, « l’expérience, ce n’est pas ce qui arrive à quelqu’un, mais ce que quelqu’un fait avec ce qui lui arrive. » Autrement dit, si on ne fait rien avec ce qui nous arrive, nous ne faisons que collectionner des anecdotes sans intérêt et qui ne nous apportent aucune valeur ajoutée.

Concrètement.

Pour votre bilan de fin de cycle, en cette période de solstice, je vous invite à faire la liste des situations où soit vous n’avez pas atteint votre objectif, soit vos besoins n’ont pas été satisfaits. Faites votre liste en passant en revue les différents secteurs de votre existence : vie professionnelle, vie conjugale ou amoureuse, vie parentale, vie relationnelle, vie intérieure, vie physique (santé, alimentation)… Pour chaque situation d’échec, répondez aux questions suivantes :

— Quel était mon objectif ?
— Mon objectif a-t-il été atteint ?
— Que s’est-il passé, qu’ai-je fait ou pas fait, qu’ai-je dit ou pas dit, qu’ai-je ressenti ou pensé ?
— Qu’est-ce qui, dans mes comportements, était adapté à l’atteinte de mon objectif ? — — Qu’est-ce qui était inadapté ? Qu’est-ce qui a manqué ? Qu’est-ce que j’aurais dû faire ?
— Quels enseignements je tire de cette analyse ?
— Quel nouvel objectif vais-je me fixer sur base de ces enseignements ?

Prenez le temps de faire cela pour chaque situation insatisfaisante… Au début, ça prend du temps, mais vous verrez que ça en vaut vraiment la peine !

La question que vous pourriez vous poser est de savoir si ce processus s’applique à tout type de situation. Ma réponse est oui. Personnellement, j’ai découvert et mis au point ce processus il y a tout juste trente ans. Et je l’ai utilisé avec satisfaction pour tirer des enseignements lorsque j’éprouvais des problèmes relationnels avec ma femme, mes enfants, mes amis. Mais aussi chaque fois que je perdais un gros contrat avec un prospect, chaque fois que je tombais malade, chaque fois que certains de mes projets échouaient ou prenaient un retard considérable.

Si je ne faisais pas cela, j’aurais l’impression d’échouer deux fois. Une fois parce que je n’ai pas atteint mon objectif, et une autre fois parce que je n’ai rien retiré de cet échec, pour le transformer en enseignements. Et c’est en cela que ce processus est alchimique. Le plomb symbolise ici l’échec, le problème, alors que l’or symbolise les nombreux enseignements que je peux retirer de cette situation…

Une dernière remarque, avant de vous laisser faire cet exercice. Pour réussir ce processus, il faut impérativement suspendre tout jugement à l’égard de l’échec. Car si vous le considérez comme négatif, vous serez incapable de discerner son potentiel d’enrichissement et d’enseignements. À présent, au travail… Et bon amusement.

Quant à moi, je vous donne rendez-vous pour un cinquième conseil pratique pour devenir alchimiste de votre vie.

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2 Commentaires
  • Serge Meunier
    Publié le 04:38h, 26 décembre Répondre

    Bonjour à tous et toutes

    26 décembre, après avoir repris le chemin depuis le point de départ, me revoici à la quatrième étape que j’avais survolée il y a deux jours.

    Avec la sensation d’être le long d’un périple initiatique, l’image qui me vient est d’être au contact des rhizomes de ce que je suis. L’apparence, elle, est à l’air libre et fait ce qu’elle peut en terme de frondaison tandis qu’existe un « en-dessous » riche de l’or de l’humus.

    Ce qui me saute aux yeux et à quoi j’ai envie de me fier instinctivement, c’est l’écho soulevé par première des questions de cette quatrième étape : « Quel était mon objectif ? ». En fait j’étais porté par une aspiration intérieure puissante mais floue et à visée trop générale. Dans ces projets qui ont été des échecs, j’avançais sans étapes ni hiérarchie de valeurs, sans non plus de mise en lien fiable vers autrui.

    C’est comme si, pour passer de l’intention à la possibilité de réussite, je m’imposais un grand écart, ou rien. L’aspiration de fond se voyait perturbée par les vents contraires. L’apparence n’avait donc pas son contrepoint enraciné.

    Avancer pas à pas, en conscience, tous sens dehors et avec une boussole du dedans, voilà ma position.

  • Serge Meunier
    Publié le 13:05h, 24 décembre Répondre

    A tous et toutes
    Pour moi cette étape est intéressante, peut-être car elle m’apparaît concrète. J’ai ceci dit ressenti à la fois attrait et difficulté ; il faut en effet entrer dans le processus, et d’ailleurs, sinon, à quoi bon…
    Entrer dans le processus, c’est déjà prendre le temps – ce que je n’avais pas fait en recevant les conseils un à un. C’est aussi se confronter au capharnaüm de la vie intra-subjective. La zone d’ombre, où, justement, nous n’avons pas envie d’aller…

    Je viens d’effectuer la démarche concernant trois axes importants de ma vie. Je vais continuer un peu avant de poursuivre. Une idée qui me vient est que l’alchimique psychologique a comme un parfum de connu. Elle n’est peut-être pas si éloignée que cela de notre nature, notre ontologie ?..

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