Alchimie #6 : Comment transmuter nos défauts (2) ?

14 Déc Alchimie #6 : Comment transmuter nos défauts (2) ?

S’enrichir des côtés obscurs de notre vie, telle est la perspective stimulante que nous offre la démarche alchimique. Autrement dit, faire de l’or à partir du plomb. Hier, je vous parlais des ombres dont nous pouvons prendre conscience pour enrichir notre réalité psychique. Carl Gustave Jung disait à ce propos que « la Vie, pour son épanouissement, n’a pas besoin de perfection, mais de plénitude. » Plénitude, dans cette phrase, est à entendre dans une notion de devenir un être plus plein, plus complet, avec plus de facettes… Ne pas privilégier le côté lumineux au détriment du côté obscur. Car nous ne serions, dans ce cas, qu’une moitié d’être humain…

Comme promis, j’aimerais vous suggérer une deuxième manière de devenir l’alchimiste de votre vie, en vous expliquant comment transmuter vos défauts en compétences utiles.

Tout part d’un constat très simple. Avez-vous remarqué que nous ne devons faire aucun effort pour manifester nos défauts ? C’est quelque chose de tout à fait spontané et naturel, n’est-ce pas ? Quelqu’un de curieux ne doit faire aucun effort pour épier longuement ses voisins derrière ses rideaux ! Quelqu’un de bavard ne doit faire aucun effort pour parler pendant des heures. Quelqu’un de paresseux ne doit faire aucun effort pour se reposer et pour remettre à demain ce qu’il devrait faire…

Dans ce sens, on peut dire qu’un défaut, c’est un compétence naturelle que nous possédons déjà ! Le seul problème — et il est de taille —, c’est que si ce défaut prend trop de place, il nous crée beaucoup d’ennuis et de désagréments dans notre vie.

Françoise Kourilsky, une consultante qui fut ma collègue à l’époque où nous étions tous les deux experts auprès du patronat français disait : « Un défaut, c’est une compétence naturelle utilisée dans un contexte inadapté. »

Comme je le montre dans le deuxième atelier du programme de formation, au cœur de chaque défaut se cache une ressource extraordinaire. Le tout est de trouver la manière de le transmuter.

Concrètement.

Dans votre bilan, je vous invite à noter un ou plusieurs défauts qui vous dérangent, que vous considérez comme négatifs ou que les autres considèrent comme négatifs. Ensuite, traduisez ce défaut en une description objective de comportements. Le but de cette traduction est de percevoir quelle compétence naturelle se cache au cœur du défaut. Bien entendu, pour discerner la compétence naturelle, il est impératif que vous suspendiez tout jugement à l’égard de votre défaut !

À présent, cherchez dans quel contexte cette compétence naturelle que vous avez pourrait être utile pour vous et/ou pour votre entourage…

Vous voulez un exemple concret ? Quand j’étais étudiant, j’avais cet énorme défaut de prendre toute la place lorsque je partageais un repas avec des amis, en parlant sans arrêt du début jusqu’à la fin de la soirée… Autant vous dire que je n’étais pas souvent invité au même endroit deux fois. J’aurais pu travailler fort sur moi, pour éliminer ce vilain défaut de ma réalité. Mais la démarche alchimique m’a amené à une autre attitude. J’ai vu à travers ces événements se dessiner une compétence naturelle puissante. C’est comme cela que je suis devenu, quelques années plus tard, un conférencier passionné très à l’aise devant le public. De plus, à présent, les gens me paient pour cela… Dans ce sens, on peut dire que j’ai vraiment opéré un processus alchimique. J’ai fait de l’or à partir d’une « materia prima », d’une matière première apparentée à du plomb, puisque c’était un vilain défaut…

Remarquez qu’une approche thérapeutique classique m’aurait encouragé à « travailler » à la suppression de ce défaut. Me faisant passer et faisant passer le public à côté d’une opportunité en or de bénéficier de mes talents d’orateur… Autrement dit, au cœur de chaque défaut se cache un potentiel qui ne demande qu’à être exploité… À nous de redonner à ce défaut sa juste place. C’est-à-dire une place bien circonscrite. Pas toute la place. UNE place.

Patrick Bürensteinas, un célèbre alchimiste contemporain, disait à ce propos que « pardonner aux ténèbres, c’est donner aux ténèbres leur part… » Depuis que je suis conférencier, il est vrai que j’ai donné à ma compétence sa part, une place particulière, dans un contexte unique. Mais chose étonnante, ce « défaut » n’a plus besoin d’envahir les autres sphères de ma vie. Et lorsque je suis invité à souper chez des amis, à présent, je n’ai plus besoin d’occuper toute la place.

Voilà.
Je vous souhaite une bonne recherche et bonne exploration. Et je vous donne rendez-vous au troisième conseil pratique pour devenir alchimiste de votre vie.

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2 Commentaires
  • fanny
    Publié le 06:09h, 03 décembre Répondre

    Bonjour Jean Jacques
    Votre texte donne ses lettres de noblesse à ma maxime préférée : » le défaut est un excès de qualité » , ma position est de lui trouver un espace propice à son expression positive. La lecture de votre article me redonne confiance en mon intuition (une belle force pour résister aux moqueries).

  • Serge Meunier
    Publié le 07:16h, 25 décembre Répondre

    Le premier conseil, mis en pratique en fin de matinée de ce 25 décembre, avant le repas, m’a permis de comprendre en quoi certaines personnes pouvaient me mettre mal à l’aise. En fait, j’ai compris que ces personnes ont une faculté qui me manque.

    Prenant du temps puisque j’en ai aujourd’hui -et je suis de plus en plus persuadé qu’il faut s’accorder du temps pour ce face à face avec soi- je me coltine à présent au deuxième conseil. Chose évidente : le défaut que je me reconnais, cette pente naturelle, elle découle du premier exercice…

    Cette « facilité » qui me joue des tours depuis longtemps, je vois notamment qu’elle est une contradiction en soi. Cette partie de la personne est comme une chose et son contraire, et il était donc probablement difficile et de la percevoir et de rendre le cercle… vertueux !

    Je vois aussi assez naturellement comment et dans quel champ d’expérience lui donner une forme constructive. Je dirais passer d’un gagnant-perdant à un gagnant-gagnant. Mais je vais chercher encore un peu…

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